« Le bonheur c’est simple comme un coup de fil » nous comptait France Télécom – ancêtre d’Orange – en des temps que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaitre.

A croire que les rédacteurs de l’époque avaient mis le doigt, ou plutôt la plume, sur la maxime ultime si ce n’est qu’aujourd’hui elle se conjugue autrement.

Oui de nos jours, où l’indice de viralité est devenu le premier marqueur du succès d’une action de communication, nous dirions plutôt : le Buzz c’est simple comme un coup de bluff.

Preuve en est encore tout récemment avec les retombées médiatiques suscitées par le lancement de la vraie-fausse appli Rumblr, telles que cet article (côté français) ou cette vidéo (outre atlantique) :

UN MIX MATCH ENTRE TINDER & FIGHT CLUB

Alors Rumblr c’est quoi au juste ?

Et bien pour faire simple imaginez l’enfant illégitime issu d’une liaison entre Tinder, l’appli de rencontres géolocalisées chantre du coup d’un soir, et le concept de Fight Club, né de l’imagination de l’auteur Chuck Palahniuk.

La promesse : une fois l’appli téléchargée et votre profil créé, vous voici en mesure d’identifier des compétiteurs au plus proche de vous pour, dans un  premier temps, les chauffer à coups de punchlines vindicatifs avant de convenir d’un endroit où vous mettre littéralement sur la gueule. Ultime cerise sur le gâteau : le lieu du fight est rendu public et votre pugilat pourra donc s’opérer devant les autres membres inscrits, alors simple voyeurs. Sympa non ?!

Alors « vraie » appli car dans les faits le site qui la promeut a tout mis en œuvre pour lui donner corps. Diffusion dans un premier temps de screen shots accréditant son développement, puis mise en ligne d’une version Beta, précédée d’un countdown pour susciter l’attente et rendre d’autant plus crédible sa future existence.

Mais « fausse » appli car pour peu que l’on s’inscrive sur la version Beta et que l’on entame un chat avec les autres membres on prend très vite conscience que ceux-ci ne sont que des robots qui se dégonflent  rapidement avant de nous amener in fine sur cette page, soit le préquel au site web d’une agence de créatifs nommée Von Hughes.

Et les créatifs en question, qui pour l’instant ne dévoilent que leurs prénoms – mais pourquoi donc ? – de nous inviter à les contacter si nous souhaitons bénéficier de leur talents en matière de communication digitale.

LA MORALE DE L’HISTOIRE

Si il est maintenant entendu que Rumblr n’était rien d’autre qu’un énième Hoax, on peut toutefois s’interroger sur le fait que de nombreux sites média tels que GQ (cf article mentionné plus haut), Gizmodo  ou le New York Daily News aient relayé l’info telle quelle, en quelque sorte au premier degré.

Il y a sans doute une raison à cela et honnêtement elle n’est pas dès plus enthousiasmante à entendre : le développement comme l’exploitation d’une telle application semblent en effet dorénavant tout ce qu’il y a de plus crédibles.

Pour ceux d’ailleurs qui en douteraient, je rappelerai cette récente actualité du lancement en Allemagne de Ohlala, un site web doublé d’une appli mobile de mise en relation clairement voués à la prostitution féminine – sur le site, ils préfèrent dirent « rencontres tarifées », sans doute trouvent-ils cela plus gentle ! Une création que l’on doit à une certaine de Pia Poppenreiter, femme d’affaire dont l’opportunisme et le cynisme côté business semble ne connaitre aucune limite, si ce n’est celle heureusement de la légalité de bon nombre de nos contrées.

L’équipe derrière le coup de bluff Rumblr a donc intelligemment surfé sur cet état de fait. Mais cette stratégie devrait rapidement connaître ses limites, car elle dénote aussi et surtout combien public comme média semblent désormais prêt à accepter le principe même d’offres de service moralement plus que discutables. Des offres qui sous couvert de révolution numérique, tendent plus vers la régression sociale que vers un idéal progressiste dont nous n’avons jamais eu autant besoin.

Il y a quelques semaines de cela, alors que je furetais – oui je furète parfois – sur le web à la recherche de vidéo pertinentes et originales j’ai découvert la série « Coffee @Ralph’s » produite et publiée sur la chaîne Youtube du géant US du prêt-à-porter. Je l’ai rangée dans un coin de ma mémoire, me disant qu’elle serait appropriée à un billet dédié à la question du web content vidéo.

Le tout dernier numéro de cette série, mis en ligne il y a quelques jours, est venu conforter cette option.

Le principe est on ne peut plus simple : autour d’une table et d’un café, l’interview d’un invité. On y parle bien entendu mode et tendances mais de bien d’autres choses encore…

Exempli Gratia  donc avec cette vidéo dont le guest est Davis Guggenheim, réalisateur du documentaire « He named me Malaka » consacrée à la jeune activiste pakistanaise Malala Yousafzai, Prix Nobel de la Paix 2014.

AUTOUR D’UN CAFÉ AVEC DAVIS GUGGENHEIM

Avant de revenir à la vidéo proprement dite, précisons déjà la logique et les bénéfices du web content vidéo.

Parmi les attentes de plus en plus exprimées par nos clients, une question revient en effet fréquemment : « comment augmenter/optimiser notre présence sur le web via la vidéo. »

Cette interrogation, quand bien même elle n’est pas formulée aussi scolairement, touche à des problématiques multiples : notoriété, image, fidélisation, recrutement, etc…  Elle révèle surtout que nos clients ont déjà pleinement intégré les avantages de recourir à la vidéo. On les rappelle ici :

LA VIDEO, UN MEDIA RICHE ET INTRINSEQUEMENT VIRAL

Tout d’abord, la vidéo est par essence un média « riche », offrant un spectre de communication extrêmement large : de l’information la plus basique et factuelle à des messages structurés voire complexes, capables de véhiculer valeurs et affects : empathie, émotion, identification…

Ensuite c’est la forme de contenu privilégié des internautes, pour un usage privé comme professionnel, de plus particulièrement incitative en matière de partage sur les réseaux sociaux. La vidéo est donc intrinsèquement un média viral.

Ajoutons enfin que le contenu vidéo est favorisé par les moteurs de recherche, le roi Google en tête jouant naturellement de la synergie avec Youtube dont il est propriétaire depuis 2006.

Assénons maintenant tel un bon coup de maillet une vérité : autant les interrogations de nos clients sont légitimes donc, autant la réponse va de soi !

Elle est là, sous leurs yeux. Aussi brillante et évidente que l’expertise qu’ils ont de leurs activités. Parmi nos missions de conseil, c’est en quelque sorte à nous de leur révéler.

APPORTER DE L’INFORMATION, DU SENS, DE LA VALEUR

Produire des vidéo web content c’est tout simplement s’exprimer sur son marché, ses produits, sa R&D, ses fournisseurs, son développement, ses forces vives. Bref c’est parler de son environnent professionnel en acceptant pour postulat de s’ouvrir à des discours satellites, pour apporter de l’information, du sens, de la valeur et ainsi fidéliser ses clients, sensibiliser ses prospects, motiver ses collaborateurs.

La vidéo que l’on a pris ici en exemple en est la parfaite illustration. Il existe bien sûr de multiples formes de web content vidéo mais tenons-nous-en ici à l’interview et au témoignage, particulièrement économique de surcroit à produire.

Bon bien sûr, on ne dispose pas tous d’un espace café sur la mythique 5ème avenue de New York. C’est une évidence et c’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles je l’ai justement retenue.

Que fait la personne – community manager, dircom – à l’initiative de la production de ces vidéos ? En bonne cartésienne, elle sélectionne simplement un lieu approprié à l’univers de la marque et elle ne va pas cherchez bien loin puisqu’elle l’a sous la main. C’est exactement la même logique que vous devez adopter.

Vous êtes industriels, privilégiez un espace se référant à votre activité : une ligne de montage, un espace R&D. Vous êtes un acteur de la pharmacologie, instaurez un partenariat gagnant-gagnant avec une belle officine. Vous êtes acteur de l’aéronautique et du spatial, faites de même avec le planétarium le plus proche de vous ou même soyez plus imaginatif : recomposez le décor d’une chambre d’enfant se rêvant astronaute.

DECLOISONNER SA COMMUNICATION ET S’OUVRIR AU MONDE

Quant aux intervenants, il vous reviendra de les choisir selon les objectifs visés : un client de longue date pour statuer de votre savoir-faire et des rapports de confiance que vous savez instaurer, un utilisateur final d’un de vos produits qui témoigne de son retour d’expérience, un élève ingénieur qui évoque les perspectives futures de vos marchés.

N’hésitez pas enfin, comme je le mentionnais plus haut, à porter un regard plus large, à décloisonner votre communication. Regardez autour de vous et autorisez-vous  à discourir sur des valeurs, des engagements qui vous sont chers. Bien entendu et  plus que tout, soyez sincère. Ici encore, la vidéo sélectionnée témoigne de cette prérogative. Que gagnerait une marque d’une notoriété telle que celle de Ralph Lauren à ne communiquer qu’exclusivement sur la mode, aussi riche d’ailleurs cette thématique soit-elle. Les entreprises comme les marques de demain sont celles qui sauront faire preuve d »humanisme et s’ouvrir ainsi au monde. Et c’est pas moi qui le dit

Les journées MeetUp organisées par Dassault Systèmes (3DS) sont des événements particulièrement riches en termes d’échanges d’expériences, ce notamment au travers des témoignages des intervenants qui y sont conviés.

Ce fut encore le cas ce mardi 23 octobre à l’occasion d’une session au titre presqu’énigmatique d’Expériences Disruptives. Une de nos équipes étaient sur place pour assurer une prestation de diffusion/captation et c’est ainsi qu’elle a pu faire la connaissance du charismatique Paul Duan.

Une belle claque et une profonde remise en question pour reprendre les propres mots de notre chef d’équipe. Et comme chez EO on aime les beaux portraits vidéo bien réalisés

PORTRAIT DE PAUL DUAN – LÉGENDE EN DEVENIR ?

Paul Duan, fondateur de Bayes Impact, veut révolutionner les services publics grâce à « data science ». from Christian Forthomme on Vimeo.

Il faut dire qu’à seulement 22 ans le bonhomme, originaire de Trappes, a de quoi impressionner. Génie des maths et fondu d’informatique, son truc à lui c’est la création d’algorithmes. Pour rappel un algorithme n’est ni plus ni moins qu’une succession de règles opératoires permettant la résolution d’un problème.

Mais son travail ne vise pas à concurrencer les géants du Web et du Big Data. Il contribue aux missions des entreprises solidaires et des États à améliorer leur politique de services publics et plus particulièrement à destination des citoyens les plus vulnérables.

Bien loin du profil du Geek misanthrope ne quittant plus son bureau, c’est en pleine lumière que Paul Duan a décidé d’agir en créant au printemps 2014 l’ONG Bayes Impact.

RÉSOUDRE LES PROBLÈMES LES PLUS GRAVES DE LA PLANÈTE

Son pitch ou plus exactement son postulat entrepreneurial peut se résumer ainsi : «Que se passerait-il si après avoir enrichi les plus grandes entreprises de la Silicon Valle, les algorithmes étaient utilisés pour résoudre les problèmes les plus graves auxquels la planète est confrontée ?»

MICROCRÉDITS : DES PERTES RÉDUITES DE 30%

C’est donc naturellement qu’il a consacré ses premières actions aux acteurs américains du microcrédit, via des algorithmes  dédiés à la détection des fraudes et à l’optimisation de l’identification des risques afin d’octroyer des prêts de moins en moins chers. Résultat : des pertes qui diminuent de 30% et une réduction du coût des prêts en cours.

Ces prochains projets : révolutionner les services publics tels que notamment ceux rattachés à la santé et aux soins à la personne.

RÉVOLUTIONNER LES SERVICES PUBLICS GRÂCE AUX SCIENCES DES DONNÉS – INTERVIEW EN FRANÇAIS

Paul Duan, fondateur de Bayes Impact, veut révolutionner les services publics grâce à « data science ». from Christian Forthomme on Vimeo.

Reste maintenant au temps de faire son œuvre pour découvrir si Paul DUAN est bien l’humaniste et le philanthrope qu’il dit être, statut auquel il est indéniablement en droit de prétendre en regard des choix qu’il a déjà opéré en termes de parcours professionnel.

L’INTERET GÉNÉRAL PASSE AVANT LES PONTS D’OR

Refuser les nombreux postes et les rémunérations plus que conséquentes qui vont de pair pour se focaliser sur la création et  le développement de son ONG rassurent quant à sa philosophie de l’action. Et si sa légende future se construit sur le terreau de l’intérêt général et le développement de projets sociétaux, alors chapeau bas Monsieur Duan.

On vous suit de près et ne manquerons pas de relayer votre actualité…

Ceci n’est pas une pipe.

Lorsque Magritte, avec son célèbre tableau La Trahison des images, nous offre de partager la ludique des surréalistes et de nous interroger sur le rapport entre l’objet et sa représentation, il s’adresse à notre intellect autant qu’à notre sensibilité picturale.

Lorsque Apple nous balance sa dernière série de spots pour l’iPhone6, on se demande plus prosaïquement si pour le coup ils nous prennent pas pour des imbéciles du côté de Cupertino.

SI CE N’EST PAS UN IPHONE. CE N’EST PAS UN IPHONE

 

Ainsi donc, Apple choisit le camp des sophistes pour nous vendre la dernière mouture de son produit star et nous assène un slogan aussi évident qu’il est vide de sens.

Ok ça tombe bien, c’est ce qu’attendent les fidèles : être confortés et rassurés quant au fait qu’ils possèdent bien le Graal des téléphones, la quintessence de la high-tech synthétisée en un monolithe parfait.

De là à penser qu’Apple n’a plus qu’une obsession en tête, à savoir conserver ses ouailles et surtout ne pas assister à leur conversion vers d’autres églises, il n’y a qu’un pas. Un peu comme si la marque ne croyait même plus en son pouvoir évangélique et se cantonnait dorénavant à s’adresser à ceux qu’elle a déjà conquis.

Il n’en fallait pas plus en tout cas pour que Samsung détourne la formule d’Apple à son avantage et en profite du même coup pour communiquer sur le plus produit de son nouveau modèle le Galaxy S6 : le rechargement sans fil, par induction.

IT’S NOT PHONE. IT’S A GALAXY

Et le spot des coréens de nous dévoiler ce qu’il se passe lorsque vous déposez un iPhone 6 sur leur chargeur sans fil : ben rien justement, pour conclure par une redoutable punch line directement inspirée de celle de son concurrent.

A croire que pour précis de marketing, on étudie Socrate chez Samsung…

Les réseaux de métros : la multitude de lignes et de stations, les ramifications des correspondances et les innombrables possibilités offertes de parcours, sont autant de métaphores des milliers de destinées individuelles qui s’y croisent chaque jour.

Que se passerait-il si soudainement nous prenions le temps de suivre une de ces personnes, de nous interroger plus avant sur ces visages croisés chaque matin : qui sont-ils, où vont-ils ?

Que se passerait-il toujours si l’on répondait à ce sourire avenant, s’inquiétait de la raison des pleurs de cette jeune femme au milieu de la foule anonyme ?

Ces multiples interrogations, comme autant de pistes de scénarios, constitue la colonne vertébrale et le matériau narratif de la web série italienne MILANO UNDERGROUND.

MILANO UNDERGROUND – TRAILER

Créée par Giovanni Esposito, qui en signe le 1er épisode, la  série sera présentée lors du prochain Marseille Web Fest les 9 & 10 octobre prochain, après avoir remporté le grand prix de celui de Rome ainsi que le prix du jury de la meilleure dramatique au WebFest de Berlin, qui vient tout juste de se clôturer.

Produite selon un mode de financement participatif, presque devenu la règle en matière de séries digitales, MILANO UNDERGROUND « stagione 0 » compte autant d’épisodes que la cité lombarde de lignes de métro, soit 4, chacun confié à un réalisateur différent.

Intitulé MIND THE GAP, le 1er de la série s’articule autour d’un trio de jeunes gens : 2 hommes et une femme, variation moderne, rock et pour le coup exclusivement souterraine du triangle amoureux immortalisé par Jules et Jim.

Le très réussi générique, composé en tracking et motion design, la mise en scène et les partis-pris esthétiques avec notamment le recours à de nombreux time lapse, sont résolument modernes. Ils soulignent très clairement la volonté des auteurs de coller aux codes formels dorénavant installés par la révolution et le succès des séries TV.

MILANO UNDERGROUND – EPISODE 1
MIND THE GAP

PETITE SERIE DEVIENDRA FRANCHISE

C’est pour le moment l’unique épisode sous titré en anglais, condition sine qua none à sa participation aux festivals internationaux cités plus haut, mais encore préambule nécessaire à l’ambition affichée par la production quant au futur de la série. Celle ci pourrait en effet se voir décliner dans toutes les grandes villes du monde dotées d’un métro. Elle basculerait alors vers le statut de franchise, un modèle économique cette fois encore largement inspiré de celui des séries TV, de même d’ailleurs que les produits dérivés déjà proposés !

Malgré la faiblesse de mes notions d’italien, pour ne pas dire mes incommensurables lacunes, j’ai visionné les 4 épisodes qui multiplient les références entre eux, certaines silhouettes intrigantes devenant par exemple personnages principaux. La série joue d’ailleurs très habilement de cette liberté et même de cette « nouvelle écriture » offerte par les fictions du web.

Sur la chaine Youtube de la série, les épisodes proprement dits sont d’ailleurs complétés d’une multitudes de programmes connexes : fins alternatives, behind the scene, portraits d’usagers du métro milanais, comme autant d’extras venant enrichir la fiction.

LE WEB NE PEUT SE SUBSTITUER A UNE CHAINE TV

Reste un délicieux paradoxe. Toute l’énergie et le talent déployé en matière de web série semble tendre vers un unique but. Le graal suprême, pour toutes ces productions, étant de se faire remarquer d’un « vrai » diffuseur, ce pour passer à l’étape suivante, en quelque sorte celle de la reconnaissance publique.

C’est comme si le web, du fait de son immense pouvoir mais aussi de ses insondables frontières, ne pouvait encore à ce jour se substituer à une véritable chaine TV, voire à un service de VOD, avec son histoire, son positionnement, ses choix éditoriaux, mais encore et surtout le public qui va avec.

Bref, HBO, AMC, Netflix et plus proche de nous Canal+, ont encore de beaux jours devant eux. Et c’est peut-être mieux ainsi.

Ainsi donc Culture Pub revient sur nos écrans TV !

Ce sera ce samedi 12 septembre, sur BFM Business, à 9h (!), toujours selon un format de 60′ mais au rythme d’un numéro par semaine. L’explosion des réseaux sociaux et la démultiplication des actions et coup de com engendrés expliquent sans doute cette bascule d’une périodicité mensuelle à hebdomadaire.

Seconde bonne nouvelle : le générique original et sa célèbre signature sonore « Badoumba » sont conservés, preuve qu’il est inutile de retoucher ce qui touche d’office à la perfection.

LE GÉNÉRIQUE ORIGINAL : FORMAT 4/3 ET BASSE DEF DE RIGUEUR

Il est toutefois légitime de se poser quelques questions.

C. BLACHAS & A. MAGNIEN, FILS & FILLE DE PUB

Culture Pub c’est tout d’abord la création et l’oeuvre du tandem Christian Blachas et Anne Magnien, tous deux issus du journalisme et véritables fils et fille de pub.

C’est en veritables passionnés et érudits de la chose publicitaire  : histoire, sémiologie, réthorique, décryptage, enjeux sociétaux, etc…  que cet authentique duo télévisuel nous a divertit et cultivé chaque dimanche, en fin de soirée sur M6, notamment de 1986 à 1995, avant qu’Anne Magnien ne passe le relais. C’est alors la période phare de Culture Pub, celle qui va forger son identité et son statut d’émission culte.

Le bouche à oreille – mode de communication d’avant le net (ndlr) – fonctionne à plein régime et l’émission fédère rapidement un public qui rassemblera dans un premier temps tous les fondus d’image et de communication avant de s’étendre à un public beaucoup plus vaste. Drôles, percutants, imagés, impertinents, très « écrits » et millimétrés question rythmique, les dialogues ou plus exactement les monologues partagés par les 2 présentateurs font mouche à tous les coups et rassemblent bien au delà des lecteurs de Stratégie, des directeurs artistiques et autres média planners.

RELANCER LA FRANCHISE ET PERPETUER LE MYTHE

Alors donc forcément on s’interroge sur la future prestation du  nouveau couple de présentateurs : Aurélie Blonde et Julien Mielcarek. On ne doute ni de leur professionnalisme, ni de leur enthousiasme, mais cet insistance à nous rassurer quant au fait que le ton de l’émission sera conservé est suspecte et au final contre productive tant elle met en évidence leur conscience des enjeux et difficultés propres à la relance d’une telle franchise et surtout de perpétuer le talent et la faconde de Blachas.

On nous annonce par ailleurs, semble t-il toujours afin de nous rassurer, qu’une partie du staff rédactionnel originel de Culture Pub, qui comptait rien moins que Pascale Clark, Didier Porte, Emmanuel Chain ou encore Laurent Weil, sera de la partie sans qu’aucun nom ne soit par contre confirmé !

Reste encore cette inconnue à l’équation : qu’en sera-t-il de l’impertinence que l’on évoquait plus haut à l’heure où le Like à tout clic – et à claques –  semble prendre le pas sur l’analyse et le sens critique. Objectivement le site de l’émission, qui n’a lui jamais cessé d’émettre, nous rassure grandement sur ce point. Le rédactionnel y est alerte, savoureux même, suffisamment méfiant et irrespectueux pour ne pas laisser passer les vessies prendrent la place des lanternes.

Badoumba !

C’est un de mes cinéastes fétiches qui vient de passer de l’autre côté ce WE et c’est pour cela que je tenais via ce billet à saluer la carrière d’un véritable auteur, dont la filmographie révèle bien plus qu’un simple et brillant artisan du genre. Celui de l’horreur bien sûr, dont il fut, avec John Carpenter, anobli du titre de Maître.

Wes Craven est donc décédé hier des suites d’un cancer et laisse le genre orphelin d’une de ces plus inspirées et intellectuelles figures.

Mon rapport au cinéma d’horreur est complexe et alterne des périodes de consommation effrénée à d’autres de sevrages drastiques. Aujourd’hui par exemple, je n’en visionne pour ainsi dire presque plus, si ce n’est de façon sporadique lorsque de proches amis m’incitent à sortir de mes ornières pour découvrir telle ou telle œuvre.

Il fut un temps où il en était tout autre. C’était l’époque où le magnétoscope investissait peu à peu nos foyers pour offrir à nos lucarnes des œuvres invisibles à la télé – quoique Canal+ allait bientôt changer la donne. A grands renforts de location hebdomadaires, nous nous plongions avec délice dans le cinéma de genre, voire le bis et le pur nanar, enfin bref tout ce qu’il nous était impossible de découvrir alors autrement que via la vidéo. Transgresser est la règle à cet âge.

C’est à cette époque donc que j’ai découvert Wes Craven avec de mémoire La colline a des Yeux (The Hills Have Eyes) et La ferme de la Terreur (Deadly Blessing) avec excusez du peu pour ce dernier la trogne d’Ernest Borgnigne et le minois de Sharon Stone au casting. L’un comme l’autre ne me laissèrent pas de souvenir impérissable mais m’intriguèrent quant à la qualité de leur scénario et de leur mise en scène, nettement au dessus de la moyenne. Je ne découvrirai que beaucoup plus tard le mythique et toujours sujet à controverse La Dernière Maison sur la gauche (The Last House on the Left).

Toutes les BA que je distillerai au fil de ce post sont les version originales USA. La qualité n’est certes pas toujours au rendez-vous mais elles ont indiscutablement plus de charme.

LA COLLINE A DES YEUX :
UN TITRE POÉTIQUE POUR UNE DESCENTE AUX ENFERS

S’en suivi ensuite un pur coup de coeur pour Les Griffes de la Nuit (A Nightmare on Elm Street) dont l’inventivité du script et plus particulièrement celle des scènes oniriques allaient hanter les rêves d’innombrables teenagers.

Le film, succès commercial aidant, connut 6 suites dont le 7ème et dernier opus réalisé à nouveau par Wes Craven, compose une ambitieuse et saisissante mise en abyme : le scénario confrontant Wes Craven – dans son propre rôle – à sa propre création alors qu’il cherche à mettre en scène le dernier film de la série.

LES GRIFFES DE LA NUIT :
FREDDY KRUGGER, CROQUEMITAINE ONIRIQUE A L’HUMOUR ACÉRÉ

 

Il y eu ensuite une période de vache maigre. Je me détachais du genre pour des raisons tant personnelles qu’à proprement parler cinéphiles.

Durant cette période je visionnai toutefois le trop injustement méconnu L’emprise des Ténèbres (The Serpent and the Rainbow) sans doute une des œuvres les plus documentées, mais aussi les plus effrayantes relatives aux pratiques vaudous en Haïti.

Et puis de la même façon qu’après avoir dévoré du Stephen King jusqu’à plus soif, je fis une cure pour mieux redécouvrir ensuite l’exceptionnel auteur et conteur qu’il est, je revins à Wes Craven par ce qui allait définitivement fixer son statut de Maître de l’horreur et bankable qui plus est.

Énorme succès publique et critique, Scream et ses 3 suites constituent une œuvre complexe, offrant de nombreux niveaux de lectures : l’horreur pure et dure y est traitée avec une ironie mordante, offrant une réflexion sensée sur le mal et ses travers sociétaux tel que la notoriété et même la célébrité. A une époque ou le WEB grand public balbutiait ses premiers échanges, Wes Craven en véritable visionnaire préfigurait déjà de l’horreur de la mise en scène de crimes réels, telles que l’actualité nous en offre aujourd’hui le spectacle.

SCREAM :
POPULARISER LES CODES DU SLASHER POUR MIEUX LES DYNAMITER ENSUITE

 Et puis vint il y a quelques années de cela la découverte de son tout premier film, assurément le plus dérangeant de tous, à l’ambiance poisseuse et où la folie criminelle guette sans cesse. Même si il a singulièrement vieilli notamment du fait de son rendu Super16 extrêmement granuleux et même craspec, en lien bien entendu avec un budget ridicule. Même si certaines scènes, à dominante comique, déroutent dans un film aussi ouvertement pessimiste, La dernière Maison sur la gauche (The Last House on the Left) mérite amplement d’être découvert pour qui porte un intérêt au film d’horreur mais pas seulement. Et rappelez vous surtout : « It’s only a movie »

LA DERNIÈRE MAISON SUR LA GAUCHE :
UNE RELECTURE JUSQU’AUBOUTISTE DE LA SOURCE DE BERGMAN

So long Mister Craven…

En 2008 McDonald’s donnait à découvrir au grand public ce qui demeure sans nul doute, du moins à ce jour, une des campagnes les plus efficaces en matière de marque employeur.

Piqûre de rappel :

Ce spot publicitaire, issu d’une série de 3 films, occupe en effet une bonne place dans le top 10 des pubs qui donnent vraiment envie d’y croire.

Instant de vie capté sur le vif, le désarroi du jeune Julien Boissy face aux réactions de son interlocutrice – une ancienne professeur, la mère d’un ami (?) – sonne incroyablement juste. De par sa qualité d’écriture et la réalisation au cordeau, quasi chirurgicale de Jacques Audiard, rarement campagne n’aura su rendre compte avec une telle acuité des préjugés que tous nous portons sur certains emplois. Un clivage que le script a la grande intelligence de ne pas chercher à surmonter par un quelconque happy end où les 2 parties viendraient à se comprendre, bien au contraire.

Car depuis 2005 et sa première campagne « emploi », l’enseigne aux arches d’or a totalement intégré la logique de marque employeur au sein de sa stratégie globale de communication, jusqu’à plus récemment encore avec cette nouvelle série de films.

C’est qu’aux destinées de McDonald’s France, préside un professionnel de la communication. Parcours et profil atypique, loin, très loin même, des sentiers balisés de Sup de Co ou d’HEC, l’autodidacte Jean Pierre PETIT fait son job et le fait bien !

Alors pourquoi soudainement, ces derniers jours, ce vilain et très indésirable accroc dans une stratégie de communication rodée et boostée comme une F1 sur la ligne de départ ?

A l’heure où l’on dézingue (ou glorifie) à la vitesse d’un tweet et alors que le web a définitivement entériné la maxime verba volent scripta manent, comment un groupe de l’envergure de McDo peut-il laisser filtrer une telle Big Boulette dans un menu en apparence si équilibré.

Car, quand bien même la responsabilité en incombe selon toute vraisemblance au franchisé et non à l’enseigne, c’est à elle non seulement d’en assumer le malus mais encore d’en redresser les torts.

Et si finalement il n’y avait qu’une seule règle, une seule équation qui prévalait pour expliquer de tels incidents de parcours : même avec le plus parfait des scénarios et le plus conséquent des budgets, on ne peut jamais prétendre à tout contrôler.

Le facteur humain en quelque sorte :  errare humanum est…

Le crowdfunding on est résolument pour ! A la différence de certains nouveaux modèles économique, qui voient leur succès foudroyant en grande partie découler du manque d’équité concurrentielle dont ils bénéficient face aux anciens modèles, le financement participatif est nettement plus sain.

Il est certes parfois pollué par des annonceurs qui l’exploitent pour la seule et unique opportunité de faire du buzz. Un simple exemple  : Le puissant et opaque groupe hollandais MindGeek qui s’est fait une spécialité depuis quelques années de s’offrir de véritables campagnes publicitaires pour presque rien en lançant des opérations de marketing viral . Le truc c’est que ça marche ! Leur toute dernière opération dont la catastrophique vidéo de promotion semble avoir été réalisée par une équipe de bras cassés alors que le groupe affiche un CA de plusieurs centaines de millions de $,  leur a ainsi offert une couverture médiatique, avec mention de de leur marque phare, relayée par plusieurs milliers de site d’informations de par le monde. Sur un secteur pourtant pas spécialement grand public, même les plus sérieux et les plus estimés n’ont pas manqué à l’appel tel que cet article dans le Huffington Post.

Le crowdfunding donc, ça n’est jamais que la mise en relation directe d’une idée, d’un concept, d’un service entre son(ses) créateur(s) et les consommateurs finaux. Face à la frilosité des investisseurs, des banques pour dire les choses comme elles sont, il tend à démontrer en un minimum de temps la réalité d’une attente face à une offre. Il fonctionne comme un bon vieux coup de kick pour lancer la machine et convaincre dans la foulée les réseaux traditionnels de financement. Oui, ceux là même qui montraient auparavant portes closes.

Pour notre part, nous sommes tout particulièrement attaché aux efforts déployés par certains pour placer leur produit et par déformation professionnelle portont un intérêt particulier à ceux qui recourent à la vidéo.

Alors sur ce coup là, on a été servi :

 

C’est bien écrit, vraiment drôle, réalisé de façon punchy et ça fonctionne à merveille.

Forcément, on est très client, sans compter que comme tout bon amateur de bières, nous savons consommer avec modération et apprécier une bière brassée avec passion et savoir faire.

Quand à l’idée de tourner en breton et quand bien même la diction du jeune entrepreneur laisse à penser qu’on est plus dans le phonétique et qu’il n’est pas passé par une école Diwan, c’est très bien pensé.

Il exite une véritable entraide économique bretonne, une communauté soudée, hors les murs comme intra région, qui a pris son essort dans l’immédiate après-guerre et n’a cessé de s’affirmer durant les trentes glorieuses

L’espoir qu’un Edouard Leclerc, fils Hénaff, François Pinault mais bien d’autres encore de moindre notoriété puisse avoir un coup de coeur pour la démarche du jeune brasseur n’est pas qu’illusoire. Bien au contraire…

Devesh mat

Si vous souhaitez animer le prochain repas de famille, apéros entre amis ou discussion entre collègues, mais alors plutôt vol long-courrier que pause à la machine à café, attaquez d’entrée de jeu avec la carte « Mais au final que souhaitent des sociétés comme Google ou Facebook ? »

Déjà fait ! Alors, vous avez dû remarquer cette étrange harmonie sur le même scénario, soit : dominer le monde, mais en mode furtif et softcore hein. Pas question d’envoyer les chars annexer les voisins.

Là où les avis divergent, c’est sur la méthode : plutôt façon Skynet ou Spectre, mais aussi et surtout sur l’appréciation de ce futur, jugé d’ores et déjà inéluctable. Autrement dit et très prosaïquement : est-ce un bien ou est-ce un mal ?

Certains ont la chance de ne pas encore avoir à se poser ce type de question, ce sont les quelques 4 milliards d’individus qui n’ont pas accès au net et qui, cela dit en passant ont sans doute pour nombre d’entre eux, d’autres priorités.

C’est pour eux que Facebook a instauré le programme internet.org et par la même constitué en mars 2014 l’équipe Connectivity Lab qui s’apprête à déployer ses ailes.

Ce film a été mis en ligne ce WE pour prolonger et illustrer la présentation de l’avancée du projet qui s’est tenue à Menlo Park, siège du groupe en Californie, par les équipes du Connectivity Lab, alors que celles-ci opèrent sur le sol britannique.

Faisons pas les bégueules : le film est juste et littéralement « parfait » et l’on peut, sans hésitation, estimer que toutes les sociétés de production vidéo au monde souhaiteraient l’intégrer à leur catalogue.

Il démontre surtout combien Facebook maitrise à la perfection son abc de la communication autour de cet ambitieux projet, ce qui, entre nous, est bien la moindre des choses pour une boîte format Tycoon.

Les plus tatillons, dont nous sommes, auront juste remarqué, en activant les sous titres, comme une singulière transcription à 2’27 ». On vous la livre ici :

Vos aptitudes en anglais seront donc requises pour comprendre ce dont nous entretient Mr Andy Cox, qui n’est rien moins que l’ingénieur en chef supervisant le projet. Là, on s’interroge sur le fait que Facebook mette en ligne une vidéo de cette importance sans préalablement la traduire dans les 3 ou 4 langues les plus usitées sur la planète. Voire tout simplement contrôler préalablement la transcription automatique du player Youtube. Mais passons, c’était juste pour pinailler on vous dit.

Pour le reste tout est là pour susciter l’intérêt et nous scotcher : un programme proche de la SF avec des machines volantes autonomes – des drones donc – baptisés « Aquila » –  d’une envergure égale celle d’un Boing 737 pour un poids de seulement 450 kg, capables des voler à des altitudes comprises entre 18 et 27km.

Tout aussi passionnant et visuellement toujours très efficace question esthétique : la technologie de transmission de données exploitée par ces drones pour communiquer avec des relais au sol mais également entre eux, afin de créer de véritables réseaux sur un périmètre donné. Oublier les transmissions radio satellite, c’est le laser qui prend ici le relais avec une présion et une portée qu’on nous promet à même de cibler une pièce de 10 cents à 18km de distance.

Bref question story telling, c’est du pur crossover entre Jules Vernes et Star Wars qui nous est servi et les suites très prochaines qui seront données au projet, avec notamment les premiers tests en vols d’ici la fin de l’année, bénéficieront d’une couverture média exceptionnelle.

Quant à l’avenir, à savoir l’exploitation opérationnelle de ces machines volantes, Facebook prend toutes ses précautions par la voix de Jay Parikh, vice-président chargé des questions d’ingénierie : « Notre objectif est de fournir la technologie à d’autres partenaires ».

A priori donc pas question de doubler les opérateurs de communication ni les états et leur souveraineté.

La question ne serait-elle pas plutôt : « Auront-ils seulement le choix ? »

Voilà déjà de quoi alimenter une prochaine discussion…