Les voies de la communication sont décidément impénétrables ! Si on nous avait dit que Nabilla Benatia ferait un jour l’objet d’un billet au sein de ce blog, ce alors qu’on ne donne ni dans la chronique people, ni dans celle judiciaire, on doit bien avouer qu’on se serait longuement interrogé sur le pourquoi du comment.

Pour le coup, force est donc d’admettre que l’on abdique face au bon coup de pub joué par Netflix pour la promotion de la saison 5 de Orange Is the New Black.

Retour en prison donc pour Nabilla – qui au passage passe assurément par la case départ – à l’occasion d’une vidéo réalisée tout spécialement pour l’occasion avec certaines des actrices vedettes de la célèbre série carcérale au féminin. Le tout en y intégrant astucieusement quelques références au passif de l’ex vedette de téléréalité, jusqu’à sa récente actualité d’auteur.

Avec plus d’un million et demi de vues sur la seule page Facebook de Netflix, aux quelles s’ajoutent bien entendu tous les gains engendrés sur les propres réseaux sociaux de la Miss,  l’opération est d’ores et déjà un énorme succès en termes de buzz et de viralité.

À noter par contre que la question reste posée quant à l’exploitation réelle de cette séquence au sein de l’un des épisodes à venir, qui pour l’occasion deviendrait alors un véritable caméo à ajouter au CV de Nabilla et à sa fiche IMDB.

Pour le reste, comme à chaque fois, on s’interroge sur l’étape d’après. C’est vrai, on fait quoi ? Ah tiens une idée : on sort Monique Olivier – ex épouse Fourniret –  de sa retraite avec un gros chèque, histoire de réaliser le teaser promotionnel d’un film ou d’une série sur les tueurs en… série ?

Non, mais allo quoi !

Les effets de mode c’est comme le mauvais temps sur les tournages, on a appris à s’en méfier et surtout on cherche toujours à savoir quand ça s’arrêtera. L’intelligence artificielle n’intègre pas ce cas de figure

Au delà des lipdub et autres mannequin challenge, toutes ces facéties éphémères dont l’incentive et le corporate ont le secret, il y a en effet des phénomènes qui sont voués à perdurer et qu’il faut savoir apprécier comme de véritables tendances de fond. C’est assurément le cas de l’intelligence artificielle – I.A. ou A.I. pour les amoureux des acronymes – qui va, quand ce n’est pas déjà fait, profondément bouleverser la donne dans d’innombrables domaines.

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Décidément très en verve actuellement question créativité, l’agence Rosapark a tout récemment élaboré et mis en oeuvre pour son client Thalys un dispositif avec vidéos à la clé.

Après l’opération « Sounds of the City » qui nous proposait un véritable voyage sonore dans les grandes villes européennes desservies par le réseau, Rosapark retente le coup d’une communication sensorielle, cette fois nos plus centrée sur l’ouïe mais l’odorat.

Thalys ravive la madeleine de Proust de nos souvenirs touristiques

Chaque lieu a ses parfums et ceux-ci participent du plaisir du voyage comme des souvenirs que nous en conservons. Fort de cet insight, qui a même ici valeur de madeleine de Proust, l’agence a déployé une nouvelle opération « Scents of the city », focalisée cette fois sur l’odorat.

Pièce maitresse du dispositif : un lieu éphémère, soit une agence de voyage olfactive, installée le temps d’un week-end à Bruxelles et qui proposait pas moins de 64 senteurs, accessibles du public via une installation façon art contemporain de 752 tubes en suspension.  Avec la vidéo proposée en ouverture de ce post, Thalys témoigne de l’ensemble de l’opération.

Très intelligemment l’agence a également en parallèle produit une version spot promouvant des offres spéciales sur plusieurs destinations emblématiques. Durant celle-ci on suit un voyageur – avec un profil très inspiré de l’univers de Wes Anderson, bref parfaitement dans l’air du temps – qui, carnet à la main, capture et répertorie les senteurs au fil de ses destinations.

Marre de la data et de la digitalisation, on veut du sensoriel !

Ce qui nous plait tout particulièrement ici, c’est la volonté d’engager ici un dispositif entièrement axé sur le sensoriel et le cognitif auquel il renvoit. À l’heure où la data gagnent sans cesse du terrain, c’est aussi frais que rassurant, comme un parfum d’antan ou celui d’un(e) bel(le) inconnu(e) croisé(e) au hasard d’une flânerie dans la cité.

C’est avec la toute nouvelle vidéo conçue par l’agence anglaise Brandhouse pour la marque internationale et centenaire Interflora que l’on ouvre ce billet, que l’on pourra qualifier d’humeur puisqu’on y pointe également les limites de la com lorsqu’elle chausse ses gros sabots à grelots et recourt à des procédés discutables.

Pour info vous pouvez activer les sous-titres anglais de ce film originellement tourné en danois.

Très malin sur le fond comme sur la forme, il moque ouvertement l’usage croissant ces 2 dernières années des expériences sociales comme postulat à des opérations de pure communication.

Traits communs à ces dispositifs : tous visent à valoriser une marque, un annonceur, via un engagement sociétal et même politique dans un contexte international qui s’y prête tout particulièrement.

Les sciences du marketing et de la communication ont en effet ceci d’opportuniste qu’elles sauront toujours tirer profit de l’actualité. Ce que l’issue toute récente des élections américaines a d’ailleurs très bien démontré.

Les fondamentaux démocratiques, la liberté d’expression et les préceptes humanistes qui régissent nos sociétés modernes sont-ils mis à mal ? Comptez sur les professionnels de la communication pour rebondir et conforter telle ou telle marque dans l’idée de se draper dans sa vertu, nouveaux parangons du monde libre ou supposé comme tel.

Mais comment en est-on arrivé là et comment surtout les expériences sociales citées ci-dessus sont-elles devenues un combustible de choix pour les créatifs et concepteurs rédacteurs de tous les pays ?

ENVIRONNEMENT DIGITAL ET EXPLOSION DU CONTENU VIDÉO

Les besoins des annonceurs en contenus vidéo sont tels que les concepteurs rédacteurs s’emploient à multiplier et même entrecroiser les pistes créatives, en quête permanente d’un Graal se chiffrant en nombre de vues, de like et de partages. Tous les formats sont bons pour alimenter la chaudière à phosphorer : brand content éditorial, mini documentaire, web série fictionnelle, contest vidéo, pranking (caméra cachée), events, sponsoring et mécénat culturel, boutiques et lieux éphémères, etc…

Au final, un objectif commun : produire du contenu vidéo.

Dans ce contexte d’insatiable boulimie d’images, sans précédent aucun, où la demande pourrait même très bientôt dépasser l’offre – pas plus tard qu’hier Facebook a définitivement officialisé le lancement de FacebookTV – il est donc naturel de faire feu de tout bois.

poisson-globe

Ce poisson globe exprime plutôt bien l’expansion du contenu vidéo digital

PSYCHOLOGIE SOCIALE, MARKETING ET COMMUNICATION : MÉNAGE À 3

Depuis fort longtemps le marketing et la communication empruntent largement aux sciences cognitives et comportementalistes pour étudier les affects et motivations qui président au choix puis à l’acte d’achat,  mais encore aussi pour renforcer l’empathie et le capital sympathie des consommateurs vis-à-vis d’une marque, d’un produit. Ce ménage à 3 n’est donc pas nouvelle nouveau. Ce qui l’est a contrario c’est d’exploiter, ou plus exactement de détourner des expériences qui jusque là relevaient exclusivement des travaux de recherches en psychologie sociale et cognitive.

Ces fameuses expériences, qui ont connu leur apogée dans les années 60 et 70, quand bien même leurs origines sont antérieures, ont nourri bien des fantasmes et des controverses jusqu’à même servir de source d’inspiration à bon nombre de films sans parler de leur évidente résonance avec l’immense succès rencontré par bon nombre beaucoup de programmes de télé-réalités.

Cette fascination qu’elles exercent est tout ce qu’il y de plus naturel puisqu’elles touchent directement aux mécanismes psychologiques constitutifs de notre intimité et de son rapport au monde. Raison qui explique d’ailleurs pourquoi un certain nombre de ces expériences ont viré à l’incident, voire au fiasco total avec parfois victimes à la clé.

milgram-experience

La célèbre expérience de Milgram sur l’obéissance conditionnée

Bien entendu les expériences qui nous intéressent ici restent mesurées. Il ne s’agit pas de révéler nos plus vils et bas instincts mais plutôt, toujours selon les règles présidant à tout bon dispositif de communication, d’identifier le fameux insight qui fera sens autant dans le cadre social, hors contexte marketing donc, qu’en regard de l’activité, des produits et/ou services de l’annonceur.

On en donnera ici 2 exemples, à savoir une réussite plutôt exemplaire et une seconde… disons beaucoup moins !

LE COUP DE MAÎTRE DE L’ANNONCEUR MOMONDO

C’est l’agence & Co Danemark qui est à l’origine de ce dispositif et de la campagne qui s’en est suivie, au profit du comparateur de prix Momondo spécialisé sur le secteur du voyage : vol, hôtel et location de véhicule.

C’est à ce jour assurément l’opération qui a le plus marqué les esprits et qui fait désormais figure d’exemple en matière d’expérience sociale à des fins de production de contenus vidéo. Un parfait cas d’école pour aspirant Jedi en communication et marketing digital.

Vous êtes Français ? Mais vous avez certainement plus en commun avec le reste du monde que vous ne le pensez. C'est le moment de le découvrir !Gagnez un kit ADN et un voyage d'une valeur de 1500 €. Participez au concours maintenant >> http://momon.do/Syl6le#LetsOpenOurWorld #DNAJourney

Publié par momondo sur mercredi 12 avril 2017

On peut certes évaluer son succès à l’aune d’un seul chiffre : plus de 16.5 millions de vues sur la seule chaîne Facebook de l’annonceur. Mais on ne se satisfera pas de cette seule donnée, lorsque l’on sait que la viralité d’une vidéo ne repose pas nécessairement sur des critères de qualité, pour la forme comme pour le contenu.

Non, ce que ce dispositif a de remarquable c’est l’insight imparable sur lequel il repose, à savoir pour l’écrasante majorité d’entre nous la méconnaissance de nos origines. Cela donne à découvrir l’émotion de femmes et d’hommes qui, après avoir témoigné de leur identité, se voient confrontés à la révélation de leurs origines, test ADN à l’appui. Un coup redoutable en 3 bandes,  d’autant plus redoutable d’efficacité que la thématique du voyage porte en elle l’idée que nous sommes tous connectés.

Intitulée « DNA Journey », cette campagne est encore crédibilisée en amont par une véritable enquête auprès de 7200 personnes, complétée d’une étude gratuitement disponible. Alors qu’en aval, l’annonceur offrait à tous l’opportunité de remporter son propre voyage vers ses origines, via un site web dédié letsopenourworld.com

MOMS DON’T QUIT MONTRE LES LIMITES DU PROCÉDÉ

Qu’on soit bien d’accord et ce d’entrée de jeu, cette opération est tout ce qu’il y de plus légitime en regard du contexte qui l’a motivé. Les faits qui sont ici évoqués méritent donc pleinement d’être dénoncés et pas qu’un peu.

On vous en dit un peu plus pour que vous puissiez bien comprendre de quoi il retourne. La crise qui sévit un peu partout en Europe engendre parfois des usages et des comportements inacceptables. En Italie il est ainsi devenu coutumier de faire signer une lettre de démission en blanc aux femmes lorsqu’elles accèdent à un emploi. Juste au cas où elles tomberaient enceintes…  La gestion des RH à son plus bas niveau et le déni pur et simple du droit des femmes.

Initié par le journal Corriere Della Serra le dispositif ici imaginé par l’agence FCB Milan procède comme suit : en vis-à-vis, des mères lisent à leur jeune enfant  une lettre par laquelle elles leur annonce qu’elle doit le quitter pour travailler. Vous devinez le résultat : les mômes passent d’un état de choc, totalement atones pour certains d’entre eux puis expriment leur profonde tristesse  par des torrents de larmes.

Et là, ben on ne suit plus. On veut bien être des fils de pub, mais pas plus.

Primo le procédé est plus que discutable : susciter un choc émotionnel pour obtenir que de jeunes enfants se noient dans leurs larmes, histoire de susciter l’émotion chez le spectateur, c’est aussi condamnable et stupide que la situation que cette opération entend dénoncer.

C’est quoi la prochaine étape : on leur fout une frousse du diable, après quoi ils régressent, font pipi au lit et on en profite pour évoquer l’efficacité des couches de tel ou tel fabricant ?! D’accord, on force le trait au marqueur mais la ligne rouge est indiscutablement franchie.

Deuzio on est pas dupe de la mise en scène. Désolé pour ceux qui ont présidé à la réalisation du film, mais ces enfants qui tous à la fin déchirent leur lettre pour exprimer leur colère, on ne croit pas une seule seconde qu’ils l’aient tous fait spontanément. L’un d’entre eux peut-être, après quoi le réal c’est dit « Ah ouais cool ce geste ! On tient un truc bien symbolique là. Allez les enfants maintenant déchirez tous votre lettre, histoire de bien montrer votre désapprobation ».

Et là dès qu’il y a un procédé de mise en scène aussi évident, dans le cadre d’un dispositif qui prétend capter des instants de vérités, des réactions et gestes spontanés, et bien on a atteint les limites du « genre » et nous on adhère plus du tout.

C’est pourquoi, histoire de boucler la boucle etd e conclure, le détournement parodique de la vidéo Interflora arrive en quelque sorte au bon moment. Il ne mettra assurément pas fin à ce type de procédé de communication, auquel on souscrit d’ailleurs pleinement  parfois, mais il en dessine les limites et nous invite à prendre du recul et à conserver un œil critique.

La communication n’est jamais aussi bonne et pertinente que lorsqu’elle sait se moquer d’elle-même et pointer les artifices et les grosses ficelles sur lesquelles elle tire parfois, toujours en pareil cas à son propre détriment comme celui de l’annonceur concerné.

Même si la reconnaissance artistique du bonhomme passe avant tout par le long métrage et le clip, Michel Gondry est l’un des réalisateurs publicitaires les plus doués de la planète. Son spot « Drugstore » pour Levi’s demeure d’ailleurs toujours à ce jour le film le plus primé au monde. Et parmi les annonceurs ayant eu recours à ses services et à son talent on trouve rien de moins que Nike, Coca-Cola, GAP, Fiat, Smirnoff, Bacardi, Adidas, BMW.

En l’espace de seulement, il ajoute à son tableau de chasse 2 nouveaux films qu’on vous propose ici de découvrir.

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Quitte à enfoncer une porte ouverte, on introduira ce post en rappelant qu’il n’est pas un secteur dont la donne, en termes de marketing comme de communication, n’ait été ou sera bouleversé par le digital.

La culture n’échappe donc pas à la règle et pour le coup, c’est plutôt une excellente chose. Cette précision car on ne se privera pas également de tacler quand l’occasion se présente.

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Ce week-end c’est une certaine Candace Payne qui s’est offert un « Break the Internet » rien qu’à elle, en publiant en live sur son profil Facebook une vidéo à priori bien anodine et surtout confidentielle puisque initialement destinée à son seul réseau d’amis. Résultat des courses : 139 887 496 vues à la minute où nous rédigeons ces lignes. Elle marque ainsi le nouveau record depuis l’invention de Facebook Live.

Vous ne l’avez pas encore vu, alors c’est le moment de profiter ce moment d’hilarité contagieuse.

Les chiffres c’est bien mais c’est encore mieux lorsqu’on les rapporte à des données démographiques factuelles. Ainsi, c’est donc comme si l’intégralité de la population française et allemande avait visionné ses 4 minutes de gloire. Et encore, on ne tient pas compte des sites professionnels en vidéo virales ni des médias TV qui l’ont relayée soit plusieurs dizaines de millions de vues supplémentaires.

Dans le principe, on est sur un format « unpacking » : Candice retire de son conditionnement un objet qu’elle conserve mystérieux le plus longtemps possible, tout en prenant soin de le rattacher à l’univers Star Wars, histoire de faire monter le suspens mais aussi de partager sa passion immodérée pour la franchise cinématographique, rappelons-le, la plus rentable de toute l’histoire du merchandising.

Elle précise même que ce cadeau, c’est rien que pour elle-même et pas pour ses mômes : no way ! Elle extirpe enfin de la boîte un masque de Chebawacca, le place sur son visage et là ça part en fous rires irrépressibles, du fait notamment que ce masque dont la mâchoire est articulée produit à chaque mouvement du menton le cri si distinctif de notre Chewie adoré.

Que faut-il en déduire ou plus exactement en retenir ?

Et bien tout d’abord que c’est plutôt rassurant qu’une anonyme parvienne, à l’occasion d’une prestation vraisemblablement tout ce qu’il y a de plus improvisée, à générer un tel effet boule de neige. On a en effet enquêté un minimum, et rien pour l’instant du moins, ne laisse présager que Candace ait été missionnée que ce soit par Disney – propriétaire de la franchise Star Wars – ni par le fabricant des jouets, ni encore par le distributeur – l’enseigne Kohl’s – auprès de qui elle a acquis le jouet.

Concernant ces derniers c’est tout bénef ! Bon, concernant Disney, ce n’est sans doute qu’une goutte d’eau dans un océan de billets verts, mais pour le fabricant comme pour le distributeur, aucune campagne de pub ou opération marketing « classique » n’aurait sans doute permis d’obtenir un tel succès. La preuve en est que non seulement ce dernier s’est retrouvé en quelques heures en rupture de l’article mais encore que pour récompenser Candance, il lui a fait don de 2500 $ de bon d’achat.

Et ça ne s’arrête pas là, puisque Kohl’s a dans la foulée confié à l’agence Huge la production d’une vidéo surfant sur l’événement où l’on voit justement un représentant de l’enseigne remettre à sa meilleure cliente et ses enfants un lot de jouets, bien sûr toujours estampillés Star Wars, ainsi que les bons d’achat.

Ainsi donc, partant d’une démarche vraisemblablement tout ce qu’il y a de plus privée et spontanée, un succès commercial est né pour se professionnaliser ensuite, à l’initiative du retailer qui compte bien surfer un maximum sur la vague déclenchée par une certaine Candance Payne. Ce sachant que ces instants de grâce ne dure que la durée de vie d’un papillon tant le web est impitoyable en termes de pérénité.

Moralité de l’histoire : fabriquez et commercialisez les meilleurs articles, proposez des services satisfaisant à de vrais besoins et vous aurez peut-être la chance que vos clients vos offrent gratuitement la plus puissante opération en communication et le tout free of charge.

NB : peut-être l’avenir nous dévoilera qu’il s’agissait d’une OP totalement calibrée en amont, mais on en doute sérieusement. Candance Payne vient mine de rien de poser une nouvelle pierre sur le chemin de la révolution digitale. Assurément certains annonceurs tenteront d’embrayer sur la même dynamique. Il nous reviendra alors de savoir distinguer les vraies rires d’une anonyme devenue star du web l’espace d’un we de ceux de comédiens mandatés pour l’occasion. Autrement dit : restez vigilants et sachez reconnaitre une vessie d’une lanterne.

Y-a comme une odeur de poudre noire dans le secteur de l’optique ! Et le gun-fight ne fait sans doute que commencer jusqu’à un climax final qu’on imagine d’ores et déjà digne de Règlements de comptes à OK Corral. Même Afflelou ne pourra cette fois endosser l’étoile de sheriff, histoire de calmer le jeu dans ce duel qui s’annonce fratricide.

Pour preuve de cette bataille, le réveil – ô combien tardif ! – des grandes enseignes du secteur face à la nouvelle concurrence portée par des entreprises telles que Jimmy Fairly ou Lunettes pour tous.

Presse-magazine, TV, radio mais encore opérations en relations de presse, jamais l’optique « traditionnelle » n’a jamais été aussi présente en termes de mass-média comme d’actions de lobbying, bénéficiant de relais aussi important que celui du Ministère de la santé, rien que ça !

Pour illustration, ce nouveau spot – très réussi par ailleurs – pour l’opticien Krys qui, quand bien même il s’inscrit dans l’événement des 50 ans de l’enseigne, participe de cette lame de fond :

 

Honnêtement y-a bien que le bébé dans cette pub qui se marre, car du côté de la profession, on sent que la propension à la rigolade est en berne, pour ne pas dire que ça commence à transpirer version sueurs froides. Bref, rien ne sera plus comme avant et il était plus que temps.

Soyons bien clair : nous ne prétendons ni ne souhaitons sonner le glas de quiconque et admirons encore moins le business model des nouveaux bébés, squales de l’optique. Leurs dents sont aiguisées sur le modèle de l’ultra low cost – ce qu’ils réfutent d’ailleurs non sans un certain cynisme – et nous savons tous que cette spirale se révèle souvent in fine tout sauf vertueuse et progressiste sur le plan social.

DES MARGES SI INDÉCENTES QU’ON PRÉFERE LES QUALIFIER D’OPAQUES

Mais quand même : citez-nous un marché qui ne mérite une telle volée de phalanges à son endroit ? Allez, comme ça, du tac au tac, sans trop réfléchir !

Oui, le secteur de l’optique mérite de se faire secouer le prunier et sévèrement même. Depuis des dizaines d’années il prospère sur des marges si indécentes qu’on préfère les qualifier poliment d’opaques – le joli mot ! Quant à son modèle économique, ses contours sont calqués sur les courbes des remboursements assurés par les complémentaires santé. Dis moi quelle est ta couverture, je te dirai à quelle prestation tu as accès. On a connu mieux !

Il y a bien eu, il y a une trentaine d’année, quelques tressaillements, presque un début de révolution. La Marianne d’alors portait haut et fier un étendard – claque-au- vent, sur lequel étaient brodées les initiales « AA », Alain Afflelou himself, celui là même déjà évoqué plus haut. Mais force est de constater que si elle a favorisé une certaine démocratisation du produit, cette révolution s’est finalement étiolée. L’enseigne, alors synonyme d’une offre concurrentielle imbattable, s’est peu à peu normalisée, pour finalement rentrer dans la danse des faux semblants et du marché de dupes.

Si Afflelou a prétexté et crié durant plus de 20 ans être « fou »,  ce n’était assurément qu’une folie de façade ou, plus justement, de vitrine. L’attractivité de son offre reposait principalement sur la réduction des coûts des montures, en proposant des collections en propre, en complément des modèles de marques, dont les prix de vente sont, rappelons le, la seule résultante de licences payées au prix fort. Le bénéfice pour le consommateur était déjà remarquable : s’offrir de jolies lunettes aux mêmes conditions que les douteux modèles des réseaux mutualistes ; vous savez, ceux assortis aux bagues dentaires et aux coupes capillaires façon mulet. Si ça ne vous dit rien, référez vous au personnage de Cypren du comédien Elie Semoun ou, si vous êtes plus téméraires, visionnez un épisode de Derrick.

Mais le plus significatif restait à faire, à savoir s’attaquer aux verres proprement dits. Il est même incroyable que personne n’ait dégainé son colt plus tôt, du fait de l’inexorable chute du pouvoir d’achat des classes pauvres et moyennes ainsi que des profonds bouleversements des modes de consommation, intervenus ces 20 dernières années. Il faut croire que le fruit est trop juteux et la branche à laquelle il est suspendu trop fragilisée pour qu’aucun des acteurs historiques du secteur n’osent bouger, ne serait-ce que d’un pouce. C’est ce que l’on appelle, a minima, un accord tacite : « Ne faisons pas de vagues, on s’ en sort très bien comme ça… »

L’OPTIQUE C’EST AVANT TOUT UN MÉTIER, UN SAVOIR FAIRE

Alors oui, c’est indéniablement une bonne chose que de voir de nouveaux arrivants pénétrer la zone de confort tout en administrant de violents coups de pied dans la fourmilière.

Et il est tout naturel en réponse de voir les historiques monter au créneau pour rappeler que l’optique c’est avant tout un métier, un savoir faire, un service à forte valeur ajoutée. Dans cette perspective, le spot pour Krys illustrant ce sujet, est assurément une bonne pub. Intelligemment écrite et joliment mise en image, elle vise à valoriser la marque en l’intégrant dans notre quotidien de binoclars, de l’instant le plus anodin au plus intime, en passant par le cocasse. Le tout enrobé par 50 d’histoire, un argument non négligeable pour asseoir son autorité et consolider les acquis de la marque.

C’est la bonne trajectoire donc mais ça ne suffira pas ! Si l’on se réfère à l’exemple et au succès retentissant de Lunettes pour tous, sommes toutes très localisé pour le moment, il est indéniable qu’un tel concept, s’il venait à bénéficier des financements requis pour développer un réseau de succursalistes, pourrait essaimer en un temps record. Et s’il couplait ce modèle à celui de la franchise pour les villes disons moins stratégiques, ce pourrait être  une vraie razzia.

Qu’attendent alors les grandes enseignes, installés depuis si longtemps, pour réviser de fond en fond en comble leur stratégie marketing et leur offre ? Comment se fait-il qu’à l’instar de ce qu’il s’est passé dans la téléphonie mobile, elles ne développent pas à leur tour des marques « filles » à tarifs modérés, en préservant ainsi la notoriété et la valeur de leur marque originelle ?

Tant de question pour si peu de réponses à ce jour, et le temps presse. La captive a les yeux clairs et il lui faudra très bientôt des solaires à sa vue et, croyez-nous, elle scrutera attentivement les offres avant de se décider…

Il y a bien une dizaine d’années de cela, lors d’une conversation tout ce qu’il y a de plus informelle, un proche ami m’a lâché tout de go « Google c’est Skynet ». Pour ceux qui ne sauraient pas à quoi ce rapprochement fait référence, un passage par Wikipédia s’impose. Pour les autres, on poursuit tout de go.

Maintenant que l’expression est pour ainsi dire entrée dans le langage courant – 1 860 000 résultats sur la recherche « google skynet » sur… google – je me plais souvent à penser que cet ami en est d’une certaine façon l’inventeur. A défaut de royalties, qui lui auraient assurer une confortable et précoce retraite, force est de constater que ce ne sont pas les vidéos publiées par Boston Dynamics qui vont lui donner tort.

Il faut dire que la créativité dont cette société – spin-off du MIT rachétée par Google fin 2013 – fait preuve pour produire du contenu vidéo aussi fascinant que dérangeant laisse songeur pour pas dire carrément indécis quant à la stratégie de communication visée.

Je vous laisse visionner la dernière en date, si ce n’est déjà fait puisqu’elle culmine à l’heure où j’écris ses lignes à presque 14 millions de vues.

 

Ça vous a plu ?

En toute honnêteté, ma première réaction serait plutôt de la fascination comme évoquée plus haut. Et quoi de plus naturel ?

Soyons clair : mes seules ressources en ingénierie sont celles d’un assembleur de Lego. Je n’ai aucune formation en mécanique, électronique, programmation, toute juste une vive curiosité pour les sciences, doublée d’une frustration toute aussi vive à ne pas en comprendre les rouages dès qu’on quitte la vulgarisation, un profil assez commun.

CETTE SÉQUENCE N’EST PAS SANS ÉVOQUER LES PREMIERS PAS D’UN FAON OU D’UN POULAIN

Cette fascination est avant tout celle d’un enfant qui, devenu adulte, a assisté en l’espace de seulement une trentaine d’années aux incroyables et exponentiels progrès réalisés dans d’innombrables domaines, parmi lesquels bien entendu celui de la robotique. Un peu comme si la réalité, chaussée de bottes de 7 lieux, avait subitement rattrapé la fiction, en lui tirant bien la langue au passage, pour lui signifier clairement qu’elle prenait désormais le contrôle.

Comment en effet ne pas s’émerveiller de cette mécanique capable de s’adapter, tel un être doté d’intelligence, au terrain sur lesquels elle évolue. Après avoir quitté en totale autonomie le Hall de la société, le robot progresse sur la neige, corrigeant à plusieurs reprise ses appuis pour éviter la chute. Cette séquence n’est pas sans évoquer les premiers pas, fragiles et imprécis, d’un faon ou d’un poulain venant de naître. Sauf que, et le détail est de taille, il n’évolue pas sur 4 pattes mais bien sur 2.

Se produit alors un réflexe d’empathie et même d’identification. Cet être de métal, c’est un peu nous, c’est un peu moi. Pour preuve, il ne nous a encore jamais été donné de voir en VRAI une création humanoïde répliquant nos mouvements de façon si confondante, si troublante. « Ecce homo » pourrait-on même s’écrier, si ce farceur de Ponce Pilate ne nous avait volé la réplique il y a 2000 an.

Passons rapidement sur la suite du programme : Atlas – c’est le petit nom donné au robot et pour rappel un des titans de la mythologie grecque qui défièrent le pouvoir de Zeus – s’empare d’un carton, qu’il dépose en un geste à la fois vif, précis et précautionneux, sur des étagères. Rien d’exceptionnel sur ce coup là, si ce n’est sans doute nous montrer qu’il a aussi des bras.

UNE TOUTE AUTRE DIMENSION, ÉMINEMMENT BELLICISTE ET DÉSTABILISANTE

C’est après que ça se corse et que le malaise se fait jour pour gagner en intensité jusqu’au climax final.

Un homme se prête à ce qui pourrait ressembler de prime abord à un jeu. A l’aide d’une crosse de hockey, il dupe le robot à plusieurs reprises, l’empêchant de se saisir d’un carton qu’il lui fait tomber des pinces. Atlas, tout concentré à sa tâche , ne se démonte pas et poursuit inlassablement sa progression. Le hic, c’est que cette interaction entre l’homme et la machine pourrait être traduite de façon ludique, voire dans la logique d’un apprentissage. Il n’en est rien : l’homme n’esquisse jamais un sourire, il serre les dents mêmes. Bref on n’est pas là pour rigoler et la démo prend un tout autre tour, visant d’emblée un objectif évident : montrer au yeux du monde qu’Atlas n’abandonne jamais !

La suite et la fin de la séquence basculent alors dans une toute autre dimension, éminemment belliciste et assez déstabilisante, au propre comme au figuré. L’homme, maintenant doté – armé ? – d’un long tube de carton rigide, en se plaçant dans le dos d’Atlas, le projette violemment au sol, face contre terre.

Ainsi, après la compassion et l’identification, viendrait le temps de montrer qui demeure le maître, de l’homme ou de la machine. Oui et puis non en fait, car Atlas tel le T800 du 1er volet de Terminator – on y arrive – se relève de lui même, sans difficulté aucune. Il montre alors sa toute puissance : trompez le, bousculez-le jusqu’à le faire chuter, imperturbable il poursuivra sa mission.

Et c’est bien de là que naît le trouble ! Jugez plutôt : depuis plus d’un siècle la littérature, le cinéma puis les séries TV, au travers des thèmes de la SF et de l’anticipation, nous interrogent sur notre rapport avec notre double robotique. Des exemples ?

En littérature : Gaston Leroux et sa Poupée ensanglantée, Isaac Asimov et ses nouvelles Les robots, les romans visionnaires de Philip K. Dick – merci au passage pour le titre de ce billet. Au cinéma : MétropolisPlanète InterditeAlienBlade RunnerRobocop, Intelligence ArtificielleI, RobotElysiumChappie. Parmi les  séries TV enfin : Holmes et YoyoAlmost HumanReal Humans . Et encore je fais volontairement l’impasse sur les films et séries d’animation, de toutes provenance et plus particulièrement japonaises où c’est un genre en soi.

La quasi intégralité de toutes ces oeuvres ont un point commun : leur procédé narratif nous confronte à notre double pour nous interroger sur la part d’humanité qu’il recèle.  Depuis toujours leurs auteurs avaient intégré que l’apogée technologique ne serait pas mécanique mais relèverait de l’intelligence artificielle et donc de la capacité des machines à ressentir des émotions aussi complexes que celles dont nous sommes dotées.

Alors pourquoi Boston Robotics s’évertuent-ils au fil des vidéos qu’ils publient, à distiller un profond malaise en proposant un spectacle focalisé sur les rapports de force, plutôt que sur l’entraide et les facultés d’altruisme vers lesquelles leurs programmes de R&D en intelligence artificielle pourraient tendre ?

LES APPLICATIONS VISÉES SERONT MILITAIRES ET SÉCURITAIRES OU NE SERONT PAS

Est-ce que par ce qu’ils confient leur ligne éditoriale et la production de leurs vidéo à un stagiaire, voire à un de leurs collaborateurs, fan et geek de vidéo et qui fignole ces montages chez lui durant le WE ?

Pour le coup, vous me permettrez de penser que ce n’est pas La dictée magique qui préside à la communication de Boston Robotics mais plutôt Hal 9000. C’est même assurément une team complète, rompue à toutes les techniques, stratégies et modèles opérationnels du marketing, qui se concerte en amont de la publication de toute information quelqu’en soit le média. Pas un mot, pas une image, pas un plan qui ne soit disséqué, soupesé, afin que le message transmis marque les esprits et touche sa cible.,

Car Boston Robotics a d’ores et déjà identifié ses cibles et ses marchés : les applications visées seront militaires et sécuritaires ou ne seront pas. Peu importe que leurs vidéo dérangent et perturbent le grand public et génèrent des milliers d’articles désapprobateurs dans le monde, comme c’est le cas avec celle-ci. Ce ne sont pas des bourdes et encore moins de la communication mal maîtrisée. C’est donc par cynisme et bien droite dans ses bottes que la filiale du mogul de Mountain View entend propager son message guerrier. Qui doutera désormais de sa stratégie de développement ?

Au rythme où vont les choses – cf. la fulgurance des progrès technologiques évoquée plus haut – on peut raisonnablement s’attendre à voir, d’ici 10 à 20 ans, des robots intégrer les forces armées des nations qui pourront s’en doter. Selon toute logique, ils seront dans un premier temps de forme animale, puis bipède humanoïdes. Les drones en offrent un avant goût, un tour de chauffe, avant un déploiement terrestre cette fois. Qu’en sera-t-il ensuite concernant les forces de l’ordre, voire mêmes nos administrations ?

L’avenir nous le dira, mais la fiction nous a déjà délivré quelques pistes, que la réalité ne cesse de confirmer. Sur ce, je conclus exceptionnellement par une seconde vidéo et vous invite, pour contrebalancer, à découvrir les créations robotiques de la société Alderaban Robotics, nettement plus pacifiques et rassurantes quant au futur qu’elles préfigurent.

Ah sinon, le roboticien britanniqueTony Dison, créateur de R2D2, est décédé le 3 mars dernier et cet article lui est dédié.

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Une fois n’est pas coutume, on va causer consommation ou plus exactement évolution des usage des consommateurs à l’heure du triomphe de l’économie digitale.

En cette période de fêtes, c’est devenu en quelques années le best seller des marronniers de nos rédactions TV et média. Pas une en effet qui ne consacre un sujet à la déferlante des reventes et échanges de cadeaux via les plates-formes en lignes dédiés à ce commerce. Mais commerce, en est-ce véritablement bien un ? En bon élève du capitalisme, d’obédience société de consommation, je me pose légitimement la question.

La vidéo à l’origine de ce post provient du JT de France 2, car il m’arrive encore de visionner les grandes messes de l’ancêtre de l’internet.

France Télévision n’offrant pas la capacité à intégrer un flux vidéo entre ces lignes, la vidéo est accessible à l’ancienne en cliquant ici.

Ainsi donc premier fait notable : les reventes et échanges des cadeaux de Noël ne cessent de progresser. Ce n’est pas en soi une surprise. Sauf à vivre aux confins de notre mondes connecté, dans ces zones « blanches », vierges de tout accès au web, il est naturel pour nous autres de recourir aux multiples plates-formes de ventes et de trocs en ligne. Une fois le pas sauté, il semblerait même que leur utilisation devienne presque addictive !

Mais au delà de nos seuls usages, il est indispensable de s’interroger sur nos motivations. On parle tout de même de cadeaux, soit des biens matériels pensés et acquis en vue de faire plaisir à nos proches. Leur choix a fait l’objet d’une réflexion, doublée pour beaucoup d’entre nous d’une contrainte budgétaire. Or tout semble procéder comme si le caractère affectif – le fameux « plaisir d’offrir, joie de recevoir » – s’était étiolé au point même de se dématérialiser. Un processus intimement lié à la révolution digitale, à l’oeuvre depuis maintenant une vingtaine d’années avec une accélération exponentielle depuis grosso modo 2010.

Je prendrai soin de distinguer plusieurs cas de figure.

Et tout d’abord, ce cadeau si redouté qui, le papier arraché, nous laisse à peine les ressource de puiser bien loin en nous un sourire de circonstance et le souffle nécessaire pour prononcer du bout des lèvres un balbutiant merci dont la sincérité et l’honnêteté n’auraient rien à envier à celle d’un politique à l’approche d’un scrutin. Alors oui, admettons qu’en pareil cas il est de droit voire même d’intérêt de se débarrasser du dit cadeau empoisonné ; peu importe la méthode ! Le web est un gigantesque et salutaire vide grenier où tout objet devrait trouver preneur, voire même, ô miracle ! faire le bonheur du nouvel acquéreur.

Et puis il y a le cadeau en double ou encore le pull 3 tailles au dessus. Les sites spécialisés du web offrent une alternative intéressante au traditionnel échange en magasin. A un détail près toutefois : on privilégie la monétisation du bien à l’acquisition d’un nouveau. Et ce détail, on va le voir, a son importance.

Basculons en effet maintenant vers ce qui interroge le plus : ainsi que le mentionne le sujet vidéo, les produits high-tech, les jouets mais encore les biens culturels (livres, dvd, blu-ray) pullulent parmi les objets mis en ligne juste après Noël. La logique et les motivations qui sous tendent ce « commerce » entre particuliers relèvent en ce cas de la pure liquidation des biens. A la propriété, aux jeux partagés et à l’enrichissement intellectuel, on préfère la conversion en monnaie sonnante et trébuchante, le carillon des pièces passant de mains en mains se serait-il tu aujourd’hui.

Or une société de consommation qui peu à peu se déporte de la logique de propriété des biens vers celle de leur liquidation est indiscutablement une société en mauvaise santé, en crise donc. Rien de nouveau en soi, mais alors pourquoi personne n’évoque-t-il ce revers de la médaille ? L’explosion des échanges de produits entre particuliers ne traduit pas l’émergence d’une nouvelle forme de commerce estampillé digital, ce sont au contraire les mauvaises conjonctures économiques qui engendrent en grande partie le succès et le développement de ces échanges.

Ainsi là où certains évoquent une révolution en discourant exclusivement sur des valeurs progressistes, je n’hésite pas pour ma part à pointer non seulement la partialité de ce discours mais encore sa profonde hypocrisie. La révolution digitale, ou numérique, c’est à votre choix, bouleverse et transforme littéralement nos usages et nos modèles économiques, c’est indéniable et mon propos n’est ni de le contester ni d’appeler à adhérer à la doctrine du « c’était mieux avant ».

Par essence une révolution n’est pas en soi vouée au progrès. Il faut savoir prendre du recul et surtout réfléchir à l’intérêt public et sociétal des innombrables outils qu’il nous est donné d’expérimenter. Faute de quoi, telle la fable de l’apprenti sorcier, nous nous retrouverons vite dépassés, cherchant la formule magique pour stopper le processus engagé.

De même que la démocratie, le digital est un moyen, pas une fin en soi. Promulger sa victoire ne suffira pas à assurer la relève et la pérennité de nos économies. Il implique d’être déployé avec intelligence et discernement, faute de quoi l’uberisation de nos économies nous fera inévitablement prendre des taxis pour des lanternes.