Durant la semaine qui vient de s’écouler, une information a particulièrement retenu notre attention. Fait particulier : à l’instar d’un événement sportif, elle s’est jouée en 2 temps et avec le recul, il est appréciable de ne pas avoir posté trop rapidement la concernant.

Visionner d’ores et déjà cette vidéo :

Phase 1 : action.

Il y a 7 jours de cela, quelques sites d’information dont certains français relaient l’article d’Andy Greenberg, journaliste au magazine californien Wired. Cette publication atypique, résolument branchée et graphiquement au top, s’intéresse aux interactions entre technologie, culture, économie et politique.

Andy Greenberg donc s’est volontairement prêté à une expérience de hacking collaboratif – growth hacking en VO – en acceptant, à l’occasion d’un trajet à bord d’une Jeep Cherokee, de laisser le contrôle de celle-ci littéralement lui échapper.

A l’autre bout de la connexion, Charlie Millers & Chris Valasek, tous deux ingénieurs et experts en sécurité informatique, tiennent les rôles des hackers bien attentionnés. A l’aide d’un simple ordinateur portable connecté à un smartphone fonctionnant sur le même réseau que celui exploité par Jeep, ils ont ainsi pu, à une quinzaine de kilomètres de distance, démontrer l’étendue de leurs capacités en termes de prise de contrôle : du volume du système audio embarqué jusqu’à… la transmission du véhicule.

L’épisode est entièrement relaté – en anglais dans le texte – par Andy Greenberg dans l’article qu’il a rédigé pour Wired. Parmi les multipes sites s’en étant fait l’écho, l’article paru dans le Monde Informatique en offre une synthèse fidèle en français.

Phase 2 : réaction.

L’affaire connait vendredi un rebondissement retentissant en regard duquel Il est évident que les 3 années de recherche consacrées à l’élaboration de ce piratage par Charlie Millers & Chris Valasek aient porté leur fruit. Le groupe Fiat-Chrysler annonce en effet le rappel de  1,4 million de véhicules sur le seul sol U.S., soit la somme des gammes et modèles concernés par la présence au sein de leur OS du logiciel Uconnect, confirmant ainsi la faille de sécurité de ce dernier.

Le sujet prend même une tournure politique puisque les sénateurs américains ED Markey et Richard Blumenthal se sont prononcés pour l’introduction d’une nouvelle loi. Celle-ci imposerait de nouveaux standards de sécurité informatique aux constructeurs commercialisant des véhicules sur le territoire américain.

Au delà du vacarme médiatique et des craintes légitimes engendrées, il y a nous semble t-il 2 façons d’appréhender ce type de révélation.

La première revient à crier au loup et à grossir la meute des phobiques aux nouvelles technologies, comme le prolongement logique d’un dogmatisme purement idéologique.

La seconde tend à prendre un minimum de distance pour apprécier à sa juste valeur le travail et la méthodologie mis-en-œuvre par certains chercheurs et ingénieurs – car c’est ce qu’ils sont avant d’être catalogués « hackers » – qui traquent sans relâche et avec obstination la faille, le talon d’Achille des innombrables systèmes et logiciels qui éclosent chaque année. Il y a là comme une démarche salutaire, citoyenne et responsable, qui maintient et perpétue ce fragile équilibre entre progrès et qualité de vie. Il en va en effet de nos libertés fondamentales, qu’il s’agisse de rester maître de nos véhicules, comme de nos vies.

Plus de 48 heures se sont maintenant écoulées depuis la mise en ligne du Making Of de Star Wars ep 7 The Force Awakens, dévoilé à l’occasion de la convention Comic Con de San Diego.

C’était bien de prendre un peu de recul, de le regarder plusieurs fois pour être bien sûr que l’émotion ressentie à la première vision n’était pas le fait de notre seule incommensurable attente, ni même du cynisme mercantile auquel Lucas avait fini par nous accoutumer.
On l’avait évoqué à la vue du tout 1er trailer : J. J. Abrams revient aux sources de la saga. La reprise des personnages de la trilogie originale est tout bénéfice certes, mais son travail et la portée qu’il entend donner à sa contribution vont bien au delà de cet atout disons purement narratif.

En véritable passionné de l’univers Star Wars, il a parfaitement intégré que le rapport du public, et pas seulement les fans, à cette si lointaine galaxie, qui tient lieu de décor à l’épopée Star Wars, ce rapport donc n’est rien d’autre qu’une exquise madeleine de Proust. On pourrait même ici parler d’un space cake, accommodé d’une nouvelle molécule aux propriétés nostalgiques insoupçonnées.

Pour rappel : dans Du côté de chez Swann, en buvant un thé et dégustant une madeleine, le narrateur se voit transporté, par les pouvoirs olfactifs de ces 2 mets combinés, dans les souvenirs parmi les plus doux de son passé, lorsqu’à Combray, sa tante Léonie lui faisait gouter un morceau de madeleine préalablement trempé dans son infusion.

De même que pour le héros proustien, il est des musiques, des images, des sons et même des impressions qui invariablement nous ramènent à notre premier contact avec la saga. Ils forment un condensé sensoriel unique, celui d’un cinéma d’avant l’ère du tout numérique, une patine visuelle identifiable entre toutes.

C’est avec ce passé que J. J. Abrams, Kathleen Kennedy et Lawrence Kasdan nous proposent de renouer et de reprendre le fil de l’histoire à l’occasion de ce Réveil de la Force. Du début à la fin du Making Of, il nous est ainsi donné de voir de véritables et gigantesques décors, des costumes faits d’étoffe et de matières, d’innombrables masques de latex dont certains animés en mécatronic, de vraies explosions. Le must est sans doute atteint lors de ce plan furtif sur une caméra dont l’opérateur nous dévoile le mécanisme d’entrainement de la pellicule 35 mm, confirmant cette information selon laquelle J. J. Abrams était parvenu à stocker assez de pellicule Kodack 5219, pour assurer l’intégralité du tournage en argentique.

Au final, ce 7ème épisode se profile comme une véritable offrande. J. J. Abrams nous convie à une expérience sensorielle et temporelle, comme le cinéma ne nous en a peut-être jamais offert jusqu’à ce jour : transcender notre nostalgie cinéphile pour pleinement apprécier le spectacle qu’il nous est donné de découvrir, ici et maintenant.

GoPro a nouveau sur le fil de l’actu avec la sortie de son nouveau modèle : la HERO4 Session, soit une version miniaturisée sous forme de cube.

C’est des malins chez GoPro ! Et ça n’a rien de péjoratif, bien au contraire.

Reprenons dans l’ordre : d’abord le produit, rien que le produit. Directement issu de la révolution du tout numérique dans le domaine de la captation photo & vidéo et de la miniaturisation induite, la GoPro 1ère du nom présente dès sa sortie des avantages ergonomiques mais aussi une qualité d’image qui en font un must-have des adeptes des sports de glisse, extrêmes, mécaniques. Pour postulat donc : tu aimes les sensations fortes et partager tes prouesses, coco on a un truc pour toi…

C’est là le premier coup de maître de son créateur Nick Woodman : être non seulement le premier a placer un tel produit sur le marché mais encore et surtout déployer dans la foulée une stratégie que l’on pourrait presque qualifier de « tribale ». Le produit est en effet un hit commercial immédiat et ses innombrables acquéreurs de par leur monde se retrouvent de fait non seulement être des prescripteurs mais également des fournisseurs de contenu : de l’image, de l’image et encore de l’image. Dans un environnement sociétal bouleversé par l’usage et l’omniprésence des réseaux sociaux, ce contenu c’est de l’or en barre pour la marque.

Ce flux incessant d’image lui offre la capacité d’un web content permanent sur des plateformes aussi essentielles que Youtube, Dailymotion, Facebook et consorts. Il permet ainsi à la marque d’accéder un rien de temps au statut de leader. Ceux qui viendront ensuite seront au mieux des challengers, au pire de simple suiveurs.

Car on ne surfe jamais seul sur les vagues du succès. Après une phase en solo, des concurrents plus ou moins sérieux selon la qualité des produits proposés n’ont pas tardé à pointer leur nez.

Et c’est là que GoPro marque encore le coup mais en faisant appel cette fois à l’instar d’Apple aux bonnes vieilles techniques du marketing. Il est en effet des recettes de grand-mères qui semblent infaillible au point de traverser les âges sans jamais perdre en efficacité.

En la matière GoPro recourt à 2 procédés dont il tire profit de leur forte synergie.

D’une part elle exploite la stratégie de marque ombrelle chapotant des marques produits. Dans cette logique : GoPro est l’identifiant ultime, la marque à laquelle les utilisateurs revendiquent leur appartenance : le clan, la tribu GoPro. Vient ensuite le modèle sur lequel il me semble dispensable de détailler quoi que ce soit : HERO ça parle à tout le monde non ? L’indice chiffré est là pour identifier les progrès techniques majeurs tel que pour exemple un changement de capteur. Enfin le suffixe « Session » qui ici segmente encore la gamme en fonction cette fois de l’ultra miniaturisation.

En adoptant cette stratégie GoPro s’offre l’opportunité de développer dans le futur autant de marques produits que l’intelligence et la sagacité de ses R&D lui permettront de créer, toutes bénéficiant de la notoriété et l’excellente image de la marque ombrelle.

D’autre part elle se lance dans une course incessante à l’upgrade qui, sans aller jusqu’à l’obsolescence programmée qu’Apple impose à ses adeptes, impose aux concurrents de tenir le rythme. Verdict : si ils souhaitent rester dans la course, sous peine d’essoufflement voire de disparition, faut qu’il se prépare à un marathon qui ne s’arrête jamais.

Bon c’est pas tout ça mais assez causé marketing, revenons à la vidéo ! Comme toujours avec GoPro de la très belle image, qui nous fait voyager et partager des sensations fortes depuis nos fauteuils. Un film qui cela dit en passant laisse présager en réalité bien plus de préparation que son registre « sur le vif » voudrait nous faire croire . A n’en pas douter, les « héros » de ces 4mns et 44 secondes sont la crème de la crème, chacun dans leur discipline, et doivent pour certain être sous contrat avec la marque.

Dernier truc : ne ratez pas le plan à 3’49 »

«Je déteste cette série, c’est de la branlette ». C’est en ces termes choisis et définitifs que, lors d’une récente et passionnante interview, James Ellroy a qualifié la première saison de True Detective. Il n’a pas tort le pape du polar qui, sous sa tiare, estime que la série lui a raflé bon nombre d’idées.

C’est de bonne guerre même lorsque l’on sait qu’il travaille actuellement avec David Fincher au développement de Shakedown, une série pour HBO prenant pour toile de fond le Los Angeles des années 50. Pour un peu, on le soupçonnerait presque d’avoir été échaudé par l’immense succès, tant public que critique, de True Detective saison 1.

L’avenir dira s’il avait raison, ou plus exactement si son sentiment d’auteur plagié avait raison d’être. Car d’ici quelques heures c’est une remise à zéro des compteurs qui s’opère, un rebattage des cartes, un flash reboot des mémoires façon Men in Black.

A 3h du matin, heure française, ce seront les résidents de la côte est des Etats Unis qui auront le privilège de découvrir le premier épisode de la nouvelle saison de True Detective.

Exit le duo de policiers Rust Cohle (Mattew Mc Conaughey) et Marty Hart (Woody Harrelson) et leur traque existentielle sur près de 20 ans du Roi Jaune dans la moiteur oppressante de la Louisiane. Bienvenue cette fois à un quatuor : 3 officiers de police et un business man mafieux, interprétés par Colin Farrell, Rachel McAdams, Taylor Kitsch et Vince Vaughn, dont les destinées s’entrecroisent suite à un meurtre sordide. Nouveau décors enfin : le soleil brulant et le souffle sec de la Californie, plus précisément la ville (fictive) de Vinci.

C’est le principe même d’une anthologie : repartir de zéro à chaque épisode, ou nouvelle saison. Ne conserver pour fil narratif qu’un thème, un univers, une atmosphère. Un procédé autrefois courant, principalement réservé aux productions fantastiques et horrifiques, et justement remis au goût du jour en 2011 par la série American Horror Story.

Cette logique de redistribution des cartes, le scénariste et showrunner de True Detective Nick Pizzolatto la pimente encore un peu en confiant intégralement chaque saison à un réalisateur différent : Justin Lin succède donc à Cary Fukunaga. Lourd et difficile héritage lorsque l’on sait combien l’ahurissant plan séquence de l’épisode 4 de la saison 1 a imprimé durablement nos rétines cinéphiles.

Dans quelques jours nous saurons donc si James Ellroy peut revendiquer plus de paternité que son génie littéraire lui a pourtant déjà offert.