STAR WARS, VOUS REPRENEZ…

Plus de 48 heures se sont maintenant écoulées depuis la mise en ligne du Making Of de Star Wars ep 7 The Force Awakens, dévoilé à l’occasion de la convention Comic Con de San Diego.

C’était bien de prendre un peu de recul, de le regarder plusieurs fois pour être bien sûr que l’émotion ressentie à la première vision n’était pas le fait de notre seule incommensurable attente, ni même du cynisme mercantile auquel Lucas avait fini par nous accoutumer.
On l’avait évoqué à la vue du tout 1er trailer : J. J. Abrams revient aux sources de la saga. La reprise des personnages de la trilogie originale est tout bénéfice certes, mais son travail et la portée qu’il entend donner à sa contribution vont bien au delà de cet atout disons purement narratif.

En véritable passionné de l’univers Star Wars, il a parfaitement intégré que le rapport du public, et pas seulement les fans, à cette si lointaine galaxie, qui tient lieu de décor à l’épopée Star Wars, ce rapport donc n’est rien d’autre qu’une exquise madeleine de Proust. On pourrait même ici parler d’un space cake, accommodé d’une nouvelle molécule aux propriétés nostalgiques insoupçonnées.

Pour rappel : dans Du côté de chez Swann, en buvant un thé et dégustant une madeleine, le narrateur se voit transporté, par les pouvoirs olfactifs de ces 2 mets combinés, dans les souvenirs parmi les plus doux de son passé, lorsqu’à Combray, sa tante Léonie lui faisait gouter un morceau de madeleine préalablement trempé dans son infusion.

De même que pour le héros proustien, il est des musiques, des images, des sons et même des impressions qui invariablement nous ramènent à notre premier contact avec la saga. Ils forment un condensé sensoriel unique, celui d’un cinéma d’avant l’ère du tout numérique, une patine visuelle identifiable entre toutes.

C’est avec ce passé que J. J. Abrams, Kathleen Kennedy et Lawrence Kasdan nous proposent de renouer et de reprendre le fil de l’histoire à l’occasion de ce Réveil de la Force. Du début à la fin du Making Of, il nous est ainsi donné de voir de véritables et gigantesques décors, des costumes faits d’étoffe et de matières, d’innombrables masques de latex dont certains animés en mécatronic, de vraies explosions. Le must est sans doute atteint lors de ce plan furtif sur une caméra dont l’opérateur nous dévoile le mécanisme d’entrainement de la pellicule 35 mm, confirmant cette information selon laquelle J. J. Abrams était parvenu à stocker assez de pellicule Kodack 5219, pour assurer l’intégralité du tournage en argentique.

Au final, ce 7ème épisode se profile comme une véritable offrande. J. J. Abrams nous convie à une expérience sensorielle et temporelle, comme le cinéma ne nous en a peut-être jamais offert jusqu’à ce jour : transcender notre nostalgie cinéphile pour pleinement apprécier le spectacle qu’il nous est donné de découvrir, ici et maintenant.

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