Animation : ça bouge du côté du motion design

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Cela fait un sacré bout de temps que l’on souhaitait consacrer un thema au motion design. C’est finalement l’actualité récente de nos prods qui nous décident à sauter le pas en ouvrant ce billet avec la dernière mouture de notre showreel (bande démo) « Animation & Motion Design ».

Jamais sans doute en effet nous n’avons  produit autant de vidéos de ce format en un si cours laps de temps, disons plus particulièrement ce début d’année 2017. Signe des temps : certaines semaines, nous avons enregistré un ratio d’une demande sur deux spontanément exprimées par le client pour de l’animation. Du jamais vu !

Comme nous l’avons titré, le motion design et l’animation ont indiscutablement le vent en poupe et surfent actuellement la vague du succès.

Au travers de nos réalisations les plus récentes, mais pas que, nous allons tenter comme pour chacun de nos themas de dresser un état des lieux à la fois synthétique et concret en abordant les multiples bénéfices qui expliquent ce succès.

Mais avant cela et comme à l’accoutumée, la minute Alain Decaux. Pour les plus jeunes d’entre vous, remplacez par Stéphane Bern. Bref vous l’aurez compris, on va causer un peu histoire.

LE MOTION DESIGN, C’EST QUOI CE TRUC ?

La traduction littérale la plus juste est sans aucun doute « dessin en mouvement » et pour le coup on l’adopte avec plaisir. Et d’une parce qu’elle renvoie sémantiquement à la même discipline que le terme animation, valable lui chez les latins comme chez les anglo-saxons, et de deux parce qu’elle colle plutôt bien à la réalité.

Ainsi donc, on peut désigner le motion design comme le fait d’animer tout élément graphique, qu’il s’agisse de typographies, de formes abstraites et/ou figuratives, tels que par exemple des pictogrammes. Cette animation peut recourir à un traitement de l’image en 2D ou 3D.

À l’origine et durant des décennies on exploitait uniquement le mot animation pour s’y référer car, comme nous allons le voir, ce sont l’évolution des outils et des compétences induites qui ont par la suite, et même assez récemment, imposées peu à peu la dénomination de motion design.

Restons donc pour le moment sur le vocable animation. On peut bien entendu y intégrer toutes les productions de dessins animés, des origines jusqu’à aujourd’hui quand bien même les process de productions ne sont plus du tout les mêmes.

Mais le dessin animé n’est pas à proprement parler la forme d’animation qui se rattache le plus au motion design au sens contemporain du terme. On va plutôt en trouver les sources dans la presque intégralité des œuvres de Georges Mélies qui par la magie de la superposition et de l’intervention physique directement sur la pellicule n’a cessé d’intégrer des éléments graphiques (décors, objets ou personnages) à ses prises de vue réelles pour accéder au statut de père fondateur et légitime des effets spéciaux et du trucage.

Plus proche de nous on évoquera Saul Bass. Graphiste de formation et véritable génie de par son œuvre, celui-ci a signé parmi les plus beaux génériques de cinéma au recours de procédés « animatiques ». Le plus célèbre d’entre eux est sans conteste celui de North by Northwest / La Mort aux trousses d’Alfred Hitchcock – 1959.

Et maintenant, beaucoup plus proche de nous, visionnons le splendide opening credits (générique d’ouverture) de la série Mad Men que tout le monde sait largement inspiré par le travail de Saul Bass, pour ne pas parler même d’un hommage évident.

La différence entre les 2, ou plus exactement le temps qui les sépare ? 50 années et donc les outils de productions qui désormais tous numériques nous ont fait basculer de l’ère de l’animation à celle du motion design.

A ce stade de ce thema on peut donc plus précisément définir le motion design comme l’art d’animer des textes et/ou éléments graphiques via des outils numériques, en l’occurrence des logiciels de traitement de l’image vidéo, dits de « compositing ». Si il fallait d’ailleurs n’en citer qu’un, à savoir le plus connu et dorénavant sans doute le plus exploité, on évoquera After Effects de l’éditeur Adobe.

Avant d’aborder ses bénéfices, et ce plus particulièrement dans le cadre des productions « corporate », on conclura ce préambule d’une distinction entre 2 types de films motion design.

FULL MOTION DESIGN OU LIVE ACTION ?

Alors si on vous pose cette question et que vous ne savez quoi répondre, exactement comme lorsque le serveur prend la commande et que vous en êtes encore à hésitez entre la pizza quattro formaggi et la calzone, sachez que le distinguo est simple et pour tout dire assez évident.

La dénomination « Full Motion Design » sera utilisée pour désigner un film réalisé d’après un matériau à 100 % graphique, qu’il provienne de réels dessins ou exclusivement de compositions numériques. Pour vulgariser, on peut donc dire qu’une vidéo en full motion design s’apparente en tous points à un dessin animé.

Illustrons ce cas de figure avec notre production pour le programme NTP-J du groupe Engie, une vidéo avec laquelle nous avons débuté notre collaboration avec le groupe énergétique.

Et maintenant le « Live Action ». Si vous suivez jusqu’ici, vous aurez forcément compris que ce terme se réfère à contrario à un contenu comportant des prises de vues réelles – littéralement appelées « live » de l’autre côté du Channel et de l’Atlantique.

On a affaire ici à des films où le motion design joue le rôle d’appui visuel. À l’instar d’un coup de stabylo sur des mots, il offre de souligner et même de qualifier un propos, une démarche, un process, ou plus simplement de l’illustrer de façon ultra cognitive et immédiate, aussi simplement qu’un pictogramme dans un aéroport.

Restons concrets et appelons cette fois à la barre pour témoigner le film Sodetrel, première vidéo corporate pour cette société filiale d’EDF et acteur majeur de la mobilité électrique.

Comme vous pourrez le constater, exception faite de l’intro et outro, la quasi intégralité des plans « live » de ce film sont habillés de motion design. Comme évoqué ci-dessus, l’objectif principal est ici de qualifier et même de connoter le propos, à savoir lui conférer un environnement fait de haute technologie et surtout d’innovation, sur un marché d’avenir et extrêmement porteur. Le motion design permet encore d’illustrer un process tel que le chargement d’une batterie, évident via une une animation graphique alors qu’impossible à restituer en images « live », réelles.

On notera ici, dans un esprit petite parenthèse, que tous les films « live » qui intègrent des titres animés recourent de fait à une phase motion design. Un monteur aujourd’hui se doit presque toujours de disposer des compétences requises pour les titrages animés.

Toujours parmi nous ? OK parfait, on peut  donc maintenant basculer vers la seconde partie de ce thema où l’on s’intéressera cette fois aux raisons du succès du motion design au travers de ses nombreux bénéfices.

On ne visera pas nécessairement l’exhaustivité pour privilégier les bénéfices principaux, qui a eux seuls doivent bien motiver 90% de la production motion design.

MOTION DESIGN : COMPÉTITIVITÉ ET CRÉATIVITÉ NO LIMIT

Le premier bénéfice est assurément économique. Il ne suffit pas à intégralement justifier le choix d’un film en motion design mais il y participe toujours.

En s’affranchissant de toutes les contraintes inhérentes au tournages, il offre une indiscutable compétitivité. Rappelons ici ce qu’implique presque chaque tournage : matériels, techniciens, location décors, figurants voire comédiens, déplacements, restauration, hébergements, préparation et suivi logistique. Sortez la calculette !

Le choix d’un film en motion design supprime d’office toutes ces contraintes ou plus exactement ces charges. En contre partie desquelles la seule prestation facturée sera celle du ou des motion designers officiant sur le projet, ainsi bien sûr que le suivi de projet et en option : l’écriture d’une voix off et son enregistrement.

Et d’un point de vu créatif, les possibilités sont sans limite. On peut absolument tout représenter via le motion design, de même qu’on le peut via le dessin : du rendu le plus réaliste à celui le plus stylisé. La seule équation qui rentre alors en ligne de compte a pour valeurs : les logiciels exploités, les compétences et niveau d’expertise requis, le nombre de technicien et enfin bien sûr le temps de travail.

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Pauline @ work

À propos justement du temps et donc du délai, qui entre toujours en ligne de compte lors d’une production audiovisuelle ne serait-ce que parce qu’elle s’inscrit toujours dans un calendrier : salon professionnel, lancement produit, opération promo, etc… Précisons que selon le budget et le temps imparti, nous pouvons nous adapter en jouant sur 2 curseurs.

Tous deux sont d’ordre à la fois créatif et technique.

Le premier curseur porte la création, le design des éléments : le budget et le délai permettent-ils de créer de toutes pièces l’ensemble des éléments (personnages, objets, décors, etc…) devant figurer dans la vidéo ou doit-on recourir à des templates (graphiques vectoriels, modélisations 3D) prêts à l’emploi disponible en banques images ? Il est certain que la seconde option offrira de minimiser et le temps de travail et donc le coût de la production. En revanche, la vidéo qui en résultera sera bien naturellement moins personnalisée et pourra intégrer des personnages et/ou des éléments graphiques exploités dans des productions tierces.

Le second curseur concerne l’animation proprement dite : doit-on parvenir à une animation fluide voire réaliste ou peut-on se contenter d’une animation type « cartoon », ou même minimaliste. Ici encore le delta de temps et de coût pourra varier du simple au double selon l’option retenue. De même qu’une animation complexe pourra impliquer des techniciens très qualifiés et donc plus chers.

À la lumière de ces informations, on peut dès lors aborder la question du coût et des délais en précisant pour bornes de budgets moyens une fourchette basse de l’ordre de 3 à 5 K€ HT et une fourchette haute de l’ordre de 7 à 9 K€ HT. En termes de délais, une valeur incompressible d’une semaine ouvrée et

Et maintenant illustrons ces 2 fourchettes basse et haute à l’aide de 2 vidéos, toujours issues de nos récentes productions.

En premier lieu, cette vidéo pour la division Formation du groupe Ginger. De courte durée et complétée d’une voix off, elle recourt presque exclusivement à des « templates » (sources prêtes à l’emploi) et a donc impliqué très peu de création.

En second lieu et donc cette fois pour illustration de la fourchette haute, cette production pour Sigvaris pour laquelle nous avons eu recours aux compétences d’une motion designeuse également illustratrice puisque les personnages, les décors et les détails anatomiques sont ici tous issus de son travail créatif.

On conclura ce chapitre par une évidence certes, mais qui mérite toutefois d’être pointée. Nous n’avons ici évoquées que le cas de productions « coporate » et de budgets « moyens ». Il va de soit que de même que les possibilités offertes par l’animation numériques sont infinies, il en est de même pour les budgets qui ne connaissent dans l’absolu aucune limite. Certaines productions, notamment les spots publicitaires destinés à la diffusion en mass média, à savoir cinéma et TV et cinéma, vont elles graviter dans des coûts à la minute plus proche d’une production Disney/Pixar.

Inutile donc d’envisager une production du niveau de celle qui suit – publicité 2016 pour l’annonceur Recyclum –  en deçà des 100 K€. Pour la remarque, on adore ce spot qui parvient à reproduire l’univers et le rendu graphique du stop motion au recours de l’animation 3D.

MOTION DESIGN : VULGARISATION ET DÉDRAMATISATION

Avec ce second chapitre consacré aux bénéfices du motion design, on va s’intéresser ici à des notions exclusivement cognitives et se rapportant donc à la compréhension des films.

Débutons donc avec la vulgarisation et procédons aussi simplement qu’efficacement grâce à l’exemple de la vidéo pour notre client Stock’it. Visionnez là et ce faisant imaginez juste devoir figurer et valoriser les avantages des solutions proposées au recours d’images réelles. Un véritable casse tête : vous apprendrez assurément plus vite à résoudre les 6 faces du Rubix’s Cube qu’à répondre à cette équation insoluble.

On touche là à un bénéfice essentiel car il est intrinsèquement lié au graphisme et à l’animation et donc au motion design. Tout ce qui relève de processus complexe, notamment dans les domaines scientifiques, organisationnels, financiers et économiques, sera plus simple à expliquer et à valoriser grâce au motion design. On dit qu’un bon dessin vaut mieux qu’un long discours. C’est exactement le cas ici.

Poursuivons maintenant avec la dédramatisation qui, toujours selon une logique cognitive, représente assurément le second bénéfice du recours au motion design. Précisons d’ailleurs que la cible alors concernée n’est pas nécessairement exclusivement enfantine, elle peut être également voire uniquement adulte.

L’image animée va cette fois permettre d’adresser une information ou mieux encore de sensibiliser un ou plusieurs publics, là où le recours à des images réelles pourraient susciter appréhensions voire rejet pur et simple. On ne fait pas ici référence au seul pouvoir ludique et attractif du motion design, parce-que chatoyant pour l’œil,  mais bien à sa capacité à dédramatiser un contexte, une situation.

C’est tout naturellement dans le cadre des thématiques médicales et de santé publique que ce bénéfice prendra tout son sens. Pour l’illustrer, cette vidéo réalisée pour l’association Vaincre la mucoviscidose destinée à informer les parents suite à la pose du diagnostique, mais également accessible d’un public beaucoup plus jeune.

MOTION DESIGN, PHÉNOMÈNE DE MODE PERENNE OU ÉPHÉMÈRE?

Comme évoqué en ouverture de ce thema, le motion design est assurément aujourd’hui boosté par une très forte demande, avec des clients qui parfois même le cite spontanément avant de développer leur besoin et problématique de communication. Alors oui, effet de mode il y a indéniablement. Et naturellement celui-ci ne perdura qu’un temps, que l’on peut toutefois d’ores et déjà inscrire dans la durée pour diverses raisons.

Parmi celles-ci : le fait que les outils et logiciels progressent sans cesse, pour offrir toujours plus de possibilités créatives ainsi qu’un gain de productivité. Ajoutons d’ailleurs que les filières de formation audiovisuelles intègrent dorénavant cette discipline et que certain cursus lui sont même entièrement dédiés.

Ainsi donc on a pas fini d’en visionner et d’en produire et c’est tant mieux car les champs du possible en terme de créativité sont d’autant plus infinis que certains motion designer deviennent pour certains de véritables signatures à l’échelle international, exactement de même que pour les réalisateurs « live ».

Pour le pur plaisir des yeux, on clôturera ce thema avec un film remarquable pour sa qualité technique comme sa direction artistique. Un film produit par l’agence Eddy, réalisé par Hugo Ramirez d’après les créations de l’illustratrice Leïla Courtillon. Un spot animé en 2D qui recourt à l’animation traditionnelle et qui tire sa dynamique de l’effet plan séquence en offrant la sensation d’un mouvement continu.

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