Allez sur ce coup là, on se fait plus que plaisir en dressant notre top 5 des spots et films de Noël.

« Films » semble en effet plus approprié puisqu’ils sont prioritairement destinés à une exploitation en digital et s’affranchissent des contraintes de durées inhérentes aux formats cinéma et TV. De fait, ils s’apparentent presque toujours à de véritables courts métrages déployant parfois des trésors d’imagination côté scénario.

La période des fêtes est donc plus que jamais celles où les gros annonceurs dégainent leur film de Noël, rivalisant d’audace autant que d’euros et de dollars.

Parmi les quelques dizaines publiés encore cette année, on en a sélectionné 5, parce qu’il faut bien savoir faire preuve d’esprit critique pour ne conserver que la crème de la crème. Ainsi, vous êtes certains de découvrir ici ce qu’il s’est produit de mieux pour cette édition 2019.

Aucun classement hiérarchique ici par contre : on vous laisse composer votre propre podium, sachant que la nostalgie et la cinéphilie de certains d’entre vous ne manqueront sans doute pas ici de s’exprimer pour attribuer la pole position à…

NOËL EN MODE SUSPENS ET HAPPY ENDING DE CIRCONSTANCE POUR MCDONALD

On commence avec McDonald qui, sur le terrain du digital, est sacrément bousculé par son rival Burger King. Le maître du Whooper s’y octroie en effet des coudées nettement plus franches et surtout plus décalées et rentre dedans, misant clairement sur les cibles les plus jeunes : Millenials, générations X et Z.

McDo fait le choix de rester sur une communication de leader : classique et plus que bienveillante sur le fond, mais n’hésite pas pour autant ici à semer le trouble avec un pitch et une mise en scène empruntés aux codes du thriller paranoïaque. Et ça c’est plutôt nouveau et carrément même bienvenu.

Bien sûr, au final, tout est bien qui finit bien dans le film The Gift – c’est Noël tout de même, faut pas déconner – mais on note toutefois la louable intention de surprendre. Bref, si la révolution n’est pas encore au programme chez le créateur du Big Mac, y-a déjà du progrès sur le plan de la forme.

EN RÉUNISSANT ELLIOT & E.T. POUR NOÊL XFINITY RÉALISE LE RÊVE DE MILLIONS DE CINÉPHILES

Clairement le plus ambitieux et vraisemblablement le plus gros budget du lot, sachant que la licence doit ici peser bonbon, sauf bien sûr si Steven Spielberg, dans un élan de générosité, en a fait don gracieusement à la seule idée de voir enfin Elliot à nouveau réuni avec son ami from outer space. Le bien nommé E.T. The Extraterrestrial.

37 ans qu’il ne s’était pas revu ! Le temps pour Elliot – c’est bien l’acteur devenu adulte qui l’incarne à nouveau ici – d’avoir lui même fondé sa famille avec 2 enfants au compteur. Un foyer uni et soudé comme dans un téléfilm US de Noël (sic) à mille lieux de celui éclaté et dysfonctionnel du film original : c’est Noël tout de même, faut pas déconner !

Il se murmure que le king de l’enternainment du cinéma US des 80s a lui même supervisé le film A Holiday Reunion, commandité par un duo d’annonceurs : les chaînes TV Sky (Grande-Bretagne) et Comcast (USA) sous le label de leur partenariat technologique Xfinity. Du coup, bien naturellement il a également été exploité en diffusion TV, mais dans une version courte nettement moins émouvante.

Sur la seule chaîne YouTube de l’annonceur, il comptabilise à l’heure de le la rédaction ce billet plus de 12 M de vue, on peut donc parler d’un Hit.

Dernière remarque en passant : oui E.T. est moins attendrissant en 3D qu’en marionnette physique. Mais bon là, c’est sans doute la nostalgie et les souvenirs d’enfance qui parlent…

POUR NOËL APPLE RECONNECTE LES FAMILLES MAIS NE SE RISQUE PAS À LA DÉCONNEXION

De même que pour McDonald, pas question chez le géant à la pomme d’adopter une communication qui rompt avec les habitudes maisons, qui plus est pour son film de Noël. Apple s’offre donc un grand film – 3 minutes au compteur – comme l’annonceur en a l’habitude avec tout le savoir faire et la classe qu’on lui connait.

C’est écrit et réalisé avec un soin et une minutie de chaque plan, mais ça se paye surtout le luxe de développer un script aussi efficace sur la forme que critiquable sur le fond. Avec Apple donc, il est plus que jamais temps de se reconnecter alors qu’approche Noël, mais pas question pour autant de se déconnecter !

C’est donc à grand renfort de tablettes, smartphones et laptop logotypés « Croque c’est la pomme » que les enfants d’une famille US clairement stéréotypée east-coast, comprendre ici instruite et cultivée, rivalisent d’ingéniosité pour montrer à papi et mamie combien ils pensent à eux.

« Famille je vous aime » donc mais toutefois : Grandma et Grandpa, n’oubliez pas de placer sous le sapin un forfait illimité ou le tout dernier iPhone, faute de quoi, la saison prochaine, vous n’aurez pas de jolis diaporamas à vous coller sous vos lorgnons de presbytes.

Comme quoi on sait aussi reconnaître le talent même lorsque le propos est discutable, pour ne pas dire même cynique ne serait-ce qu’en regard des dégâts occasionnés par la tech communicante au sein des foyers. Magnanimes nous sommes en fait, ou alors c’est l’esprit de Noël qui parasite notre esprit critique.

Activez ici les sous-titres en anglais, ou rendez-vous sur la page de Culture Pub pour en bénéficier en français.

NEW YORK LOTTERY : LES ANIMAUX À LA RESCOUSSE POUR NOËL

C’est une tradition typiquement anglo saxonne : pour Noël les grandes loteries nationales communiquent elles aussi avec un  film de circonstance. Une habitude qui, curieusement jusqu’à ce jour, ne semble pas sensibiliser la FDJ, il est vrai cette année sans doute plus occupée par sa privatisation et le succès qu’on lui connait.

Ici c’est la Loterie de New-York, car oui aux USA le fédéralisme se conjugue au mode « états », qui nous a concocté un film très clairement inspiré de certaines scènes mythiques des grands classiques de Disney. Les animaux de la forêt en sont donc les héros et se donnent le relai pour qu’un billet de loterie retrouve sa propriétaire.

La subtilité et le charme du film opèrent d’autant plus que la dite propriétaire y incarne le personnage d’une garde-forestière. La faune rend donc service à leur protectrice de chaque instant, à l’exception notable d’une malheureuse tortue qui, malgré toute sa bonne volonté, se voit doublée non pas par son challenger de toujours, le lièvre, mais par un renne qui lui pique la vedette, histoire que l’action ne faiblisse pas en rythme.

C’est charmant, fort bien réalisé et surtout le scénario est garanti 100 % exempt de technologie numérique : pas même la présence d’un smartphone. Limite un conte du XIXe siècle !

ERSTE BANK : UN CONTE DE NOËL ANIMÉ EN FAUX STOP MOTION

Juste impossible de ne pas faire figurer dans notre sélection un film d’animation.

C’est celui de la banque autrichienne Erste qu’on a choisi cette année, pour son rendu stop motion si confondant qu’on doit bien avouer s’être fait blousé à la première vision. Il s’agit donc bien en fait d’animation numérique 3D, avec pour parti pris esthétique de simuler au mieux les volumes physiques et la poésie visuelle propre au procédé du stop motion, soit l’animation d’objets et personnages en volume, image par image.

On place donc exceptionnellement sous l’oreiller notre penchant puriste pour reconnaître ici que le film remplit admirablement ce challenge technique, grâce à un travail de rendu sur les textures tout simplement exceptionnel. Un défi technique et artistique auquel nous a habitué le studio qui en est le producteur : l’incontournable Passion Pictures.

On notera toutefois que cette année aura été bien moins riche que les précédentes sur le plan de l’animation et ce quelle qu’en soit la technique. D’autant plus étrange, que de nombreux annonceurs ne communiquent à cette occasion qu’au recours de ce format, tel Erste d’ailleurs. Espérons qu’il ne s’agisse que d’un passage à vide temporaire et que la coutume reprendra ses droits fin 2020.

Mais revenons-en au film : inutile ici d’être né dans les 70s et d’avoir suivi, sur l’unique poste TV cathodique du foyer, les aventures de la charmante Maya l’abeille – les vraies, pas celles récentes animées en 3D – pour apprécier ce film qui met en scène une classe la jeune abeille Hanna qui ne pense qu’à une chose : I believe I can fly…

Comme quoi le rêve d’Icare continue d’inspirer les créatifs, avec pour morale à l’histoire que tout est question de patience et plus encore d’amour qui, c’est bien connu, donne des ailes…

NOËL, C’EST PAS LES FÊTES POUR TOUT LE MONDE !

Les plus comptables et attentifs d’entre vous auront remarqué qu’on s’apprête à publier un 6ème film, alors que nous n’en avions évoqués que 5.

C’est simplement histoire de rappeler que Noël n’est malheureusement pas une trêve imposée et que les tensions, conflits et innombrables exactions qui agitent la planète ne doivent pas être pour autant oubliées durant les fêtes.

Pour secouer le cocotier ou plus exactement les consciences, l’Agence Marcel signe pour Médecins du Monde le superbe film On s’en fout avec la collaboration d’OrelSan à la voix-off.

Un film également tout ce qu’il y a plus de circonstance donc.

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